La Chine ne veut plus de nos déchets, les acteurs du recyclage inquiets

La Chine ne veut plus de nos déchets, les acteurs du recyclage inquiets

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STOP - La Chine a annoncé la semaine dernière vouloir mettre un coup d'arrêt à l'importation de certains types de déchets provenant de l'Union européenne. La décision, brutale, déstabilise les professionnels du recyclage.

La décision a surpris les professionnels du tri. La Chine a annoncé à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) le 18 juillet dernier sa volonté d’interdire l’importation de 24 types de déchets provenant de l’Union européenne. Et ce dès la fin de l’année. Parmi les détritus non grata, certaines sortes de plastiques et de textiles, les papiers non triés, ou encore des déchets provenant de la fabrication du fer ou de l'acier, rapporte le Quotidien du Peuple. Pour justifier sa décision, le Ministère chinois de la protection de l’environnement avance sa volonté de "protéger les intérêts environnementaux de la Chine et la santé des gens".


Mais au-delà de l’aspect sanitaire, les autorités comptent aussi sur cette nouvelle interdiction pour reprendre la main sur la contrebande de déchets. Lors d’une conférence de presse tenue le 20 juillet dernier, le directeur de la coopération au ministère de l’Environnement chinois, Guo Jing, a expliqué que, "motivés par l'appât du gain, certains contrevenants chinois et étrangers exportent illégalement ou font de la contrebande de déchets solides en Chine". 

9 millions de tonnes pour la France

Depuis cette annonce, les spécialistes du recyclage sont inquiets. Dans un communiqué, le directeur général du Bureau International du Recyclage (BIR) déclare avec regrets que "si elle est appliquée, cette interdiction aura un grave impact sur l’industrie mondiale du recyclage qui a, depuis 25 ans, soutenu la Chine dans son développement économique et sa croissance". Dans une lettre officielle adressée à l'Organisation mondiale du commerce par l'intermédiaire de la Commission européenne, Arnaud Brunet demande également la prolongation du délai de réaction, fixé à seulement 48 heures, et propose de trouver des arrangements.


La France, qui exporte notamment chaque année en Chine 9 millions de tonnes de plastique, ne cache pas non plus ses craintes. "À ce jour, la capacité des autres usines mondiales n'est pas en mesure de consommer ces volumes aujourd'hui importés par la Chine. Cette absence de débouchés oblige notre profession à prendre des mesures drastiques sur les volumes et les qualités aujourd'hui collectés (surtri, lavage, valorisations alternatives) et à chercher en urgence des solutions de substitution afin d'en limiter les productions", affirme dans un communiqué repéré par le site actu-environnement, Federec, la Fédération Professionnelle des Entreprises du Recyclage. Selon elle, les stocks de déchets sont d’ores et déjà en train de gonfler.

Le sursaut chinois

Après des décennies de négligence de l’environnement au profit d’un développement ultra rapide, le gouvernement chinois semble commencer à prendre conscience de l’importance de la lutte contre la pollution. Le recyclage local se développe de plus en plus, prenant l'avantage sur celui des déchets importés.


En mars, le gouvernement chinois a lancé le programme "National SWORD", dont le but est de mieux contrôler l'importation de certains déchets dans le pays en limitant les licences des usines chinoises en la matière et en fermant définitivement celles qui ne respectent pas les normes environnementales, les autorisations d’importation ou les conditions techniques. Le 20 juillet, le gouvernement a annoncé avoir contrôlé 1162 d'entre elles. 65% ont été reconnues coupables de violations liées à l’environnement. Des enquêtes et poursuites sont envisagées à leur encontre.

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