La fermeture de Fessenheim actée in extremis, "enfumage" pour les ONG et syndicats

La fermeture de Fessenheim actée in extremis, "enfumage" pour les ONG et syndicats

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NUCLÉAIRE - Le décret actant le principe de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim a été publié dimanche au Journal Officiel. Une fermeture conditionnée à la date de mise en service de l'EPR de Flamanville par EDF. Les anti-nucléaire et syndicats promettent un recours.

"C'est dit, c'est fait". La ministre de l'Écologie Ségolène Royal s'est réjouie dimanche matin sur Twitter de la publication au Journal Officiel (JO) du décret actant le principe de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim. "L'autorisation d'exploiter la centrale nucléaire de Fessenheim (...) est abrogée", prévoit l'article 1 du texte.


Une fermeture toutefois conditionnée à la date de mise en service de l'EPR de Flamanville. Le décret stipule en effet que cette autorisation sera abrogée "à compter de la date de mise en service de l'EPR de Flamanville", censée intervenir au plus tôt en 2019, et au plus tard le 11 avril 2020.

La ministre a touché le fond de la cuveWilliam Viry-Allermoz, secrétaire général du syndicat CFE Energie

Mais tout le monde ne semble pas se réjouir de cette nouvelle. "Ce décret ne repose sur aucune base légale", a réagi le maire de Fessenheim au micro de BFMTV ce samedi, avant d'affirmer qu'il le fera "annuler". Des syndicats d'EDF ont dénoncé pour leur part une opération de  communication, préjudiciable aux 2.000 emplois directs et indirects liés à la  centrale alsacienne.

 

"C'est un enfumage complet de la part de Ségolène Royal", a réagi auprès de  l'AFP Marie-Claire Cailletaud, porte-parole de la Fédération Mines Energie de  la CGT, y voyant une simple "opération de com'". La CGT de Fessenheim fustige en outre une "utime provocation" sous la forme  d'un "décret inutile" qui ne fait qu'entériner les décisions prises par le  conseil d'administration d'EDF le 6 avril et ne contient "aucune réelle  décision".


Même son de cloche du côté du secrétaire général du syndicat CFE Energies  d'EDF, William Viry-Allermoz, qui dénonce "de la précipitation purement  électoraliste" et juge que "la ministre a touché le fond de la cuve".

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Fessenheim : la centrale en sursis

La ministre de l'Ecologie et de l'Energie Ségolène Royal avait assuré vendredi que ce décret permettant l'arrêt de la centrale, promesse phare de François Hollande, serait pris d'ici la fin du mandat de ce dernier. Elle a qualifié le processusd'"irréversible".  


Le décret, reprenant les conditions mentionnées par la délibération du dernier conseil d'administration d'EDF, précise en outre que la capacité nucléaire du parc de production d'EDF devait respecter la limite de 63,2 gigawatts (GW), soit son niveau actuel, plafond fixé par la loi sur la transition énergétique.

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