La galanterie est-elle sexiste ?

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ON FAIT LE POINT - La galanterie, même en 2017, reste toujours ancrée dans nos habitudes. Au-delà même de pouvoir paraître parfois un peu old-school, cette pratique soulève une autre question. Est-elle, oui ou non, un comportement sexiste ?

On vous l'accorde, le baise-main à la Kate et Léo de Titanic, en cette fin d'année 2017, semble complètement dépassé. Mais ce n'est pas forcément le cas des autres manifestations de galanterie. L'addition en fin de repas à la charge des hommes par exemple, où ce cédez-le-passage un peu artificiel devant une porte sur le passage d'une femme, par exemple, sont encore assez vivaces. Du coup, il y a une question qui est elle aussi, toujours d'actualité : la galanterie est-elle sexiste ? 


Pour le savoir, nous sommes allés à votre rencontre, dans la rue, un matin de décembre. "Une forme de respect envers les femmes", une "façon de les séduire" et même "la marque de l'homme au XXIème siècle" : pour beaucoup d'entre vous, la galanterie, c'est un ensemble de gestes plutôt positifs, liés à la séduction, mais aussi à une simple marque de gentillesse. D'autres ont un avis bien plus tranché : "Pour moi, c'est du mépris. Moi je suis poli avec les femmes, comme avec les hommes" nous indique ce monsieur d'une soixantaine d'années. 

On peut être bienveillant envers tout le mondeRaphaëlle Rémy-Leleu

"Le mépris", nous y voilà. Il existe au sujet de la galanterie une étude américaine datant du début des années 2000. C'est la théorie du "sexisme ambivalent", et on la doit à Susan Fiske et Peter Glick, professeurs de psychologie. En clair, ils estiment dans leurs travaux que le sexisme existe sous différentes formes. La première, le sexisme hostile, est celui qui est visible et qui affiche une discrimination aux yeux de tous : par exemple, un salaire moindre pour une femme ou des commentaires rabaissants. Mais il existe aussi, selon ces chercheurs, un "sexisme bienveillant", qui part d'une bonne intention, mais qui ramène quand-même la femme à un statut d'infériorité : exemple, la galanterie.


Un constat qui est d'ailleurs aujourd'hui partagé par plusieurs féministes. Nous avons notamment posé la question à Raphaëlle Rémy-Leleu, porte-parole d'Osez le féminisme. Elle nous indique :  "La galanterie instille, préserve et développe l'idée que les femmes sont inférieures. Elle fait partie de ces incessantes cordes de rappel qui mettent l'homme dans une position de pouvoir, très valorisée, sous couvert d'être protecteur. Et si ça n'était qu'une question de politesse : qu'on nous explique en quoi la politesse devrait dépendre du sexe d'une personne. On peut être bienveillant envers tout le monde." ëtre bienveillant et poli envers tout le monde, qu'il s'agisse d'un homme ou d'une femme, c'est peut-être le conseil à retenir, en guise de résolution pour la nouvelle année.

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