La grève SNCF aurait déjà coûté "300 millions d'euros" : de quoi parle-t-on exactement ?

TRANSPORTS - Le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, a estimé vendredi matin sur France Info que la grève à la SNCF allait "coûter probablement plus de 300 millions d'euros", sans compter les mesures commerciales annoncées le même jour. Sur LCI, le directeur adjoint de la SNCF Mathias Vicherat, a avancé un coût de "20 millions par jour". Une estimation que la SNCF n'a pas souhaité détailler auprès de nous.

Une estimation à la louche qui met la pression sur les cheminots. Vendredi matin, sur France Info, le PDG de la SNCF Guillaume Pepy a estimé que le mouvement de grève qui a commencé début avril allait "coûter probablement plus de 300 millions d'euros, y compris les mesures commerciales" annoncées ce même jour aux usagers (3 millions de billets de TGV à moins de 40 euros, cartes de réduction au tarif de 29 euros...)


Une somme qui semble très conséquente, à l'heure le gouvernement affiche sa volonté de faire sortir l'entreprise publique de la spirale de l'endettement dans laquelle elle est enfermée. Mais que recouvre exactement ce montant ?

Pas d'estimation précise

Sollicitée par LCI, la SNCF n'a pas donné plus de précisions sur ce qui compose ces 300 millions d'euros de pertes sèches invoquées par son patron. "On ne donne jamais de détails sur ces montants", a indiqué une porte-parole. "Nous devons affiner, il n'est pas possible pour l'instant de donner un montant estimatif global". C'est pourtant bien ce qu'a fait Guillaume Pepy sur France Info. 


Une clarification toutefois : ce chiffre ne comprend pas les mesures commerciales en préparation, mais seulement les pertes liées à l'impact de la grève sur le trafic habituel. Interrogé sur LCI, le directeur adjoint de la SNCF Mathias Vicherat a livré à son tour une estimation du coût de la grève, à savoir "à peu près 20 millions d'euros par jour". Ce qui ferait, pour les 16 journées de grève déjà subies depuis avril, près de 320 millions d'euros... Sachant que la grève est prévue pour durer jusqu'à la fin du mois de juin

"De plus en plus de monde dans les trains"

Ce montant, "on pourra l'établir après", a précisé Mathias Vicherat, confirmant que cela ne comprenait pas les mesures commerciales annoncées pour "reconquérir" les clients, ou même les mesures de "compensation" déjà prises, comme le remboursement à 50% des abonnements TER ou celui des abonnements TGV pour le mois d'avril. 


En outre, affirme le directeur adjoint de la SNCF, "au fur et à mesure de la grève, on a beaucoup plus de trains qui roulent, et de plus en plus de monde dans les trains", ce qui indique logiquement que le coût de la grève devrait s'amenuiser au cours du temps. 


Sollicité par LCI, Fabien Villedieu, délégué syndical Sud-Rail, s'estime incapable de confirmer ou d'infirmer ces montants. "C'est très difficile à dire. Ce qui est sûr, c'est que la grève coûte cher. Il y a moins de billets vendus, et le remboursement des abonnements constitue une perte directe. Après, il y a sans doute un effet d'annonce. Il faut savoir qu'il y a un coût, mais aussi un coût psychologique : Guillaume Pepy est en train de se couper des cheminots". 

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