La Guyane touchée par un vaste mouvement social "quasi-insurrectionnel"

REPORTAGE - Les Guyanais poursuivent ce vendredi leur mobilisation à Cayenne, où un mouvement de contestation sociale fait rage depuis lundi. Ecoles bloquées, barrages sur les grands axes... : les manifestants réclament une amélioration des conditions de vie dans le département.

La Guyane est paralysée par un mouvement de grogne sociale de grande ampleur.  Les manifestants organisent des barrages depuis lundi dernier afin de "traiter sans délai les problèmes immédiats", à savoir, selon eux, l'économie, la santé et la sécurité, et réclamer la finalisation du "Pacte pour l'avenir" promis par François Hollande en 2013 et toujours pas signé. Dans les rues Cayenne, la chef-lieu du département, les membres du collectif des "500 frères contre la délinquance" défilent cagoulés, demandant à tous les commerçants de baisser leur rideau en signe de solidarité "jusqu'à nouvel ordre". 


Depuis le début de semaine, les mouvements et les grèves ont empêché le lancement de la fusée Ariane 5, avec le blocage notamment du site à l'aide de pneus et et de palettes. Initialement prévu lundi, le transfert de la fusée vers son pas de tir n'a jamais pu être mis en oeuvre.

Nous n'avons pas cessé (...) d'alerter sur le caractère quasi-insurrectionnel que la Guyane connaît Rodolphe Alexandre, président de la Collectivité Territoriale de Guyane

Ce jeudi, un Boeing 777 d'Air France faisant la liaison entre Paris et Cayenne a dû faire demi-tour après 4 heures de vol et un vol d'Air Caraïbes a été dérouté à l'aéroport de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe. Enfin, le recteur de l'académie a annoncé dans un communiqué que les écoles, collèges, lycées étaient fermés "jusqu'à nouvel ordre". 


Les élus locaux redoutent aujourd'hui que le mouvement dégénère. "Nous n'avons pas cessé, tous les élus, parlementaires et moi, d'alerter sur le caractère quasi-insurectionnel que la Guyane connaît aujourd'hui, explique à TF1 Rodolphe Alexandre, président du conseil exécutif de la collectivité territoriale de Guyane. C'est un moment historique et sans précédent."  Afin de calmer la situation, la ministre des Outre-mer Ericka Bareigts a appelé à la levée des barrages et a proposé la tenue de discussions à Paris.

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