La maire de Calais interdit l'assistance humanitaire aux migrants

Société
DÉFAVORABLE – Natacha Bouchart, qui s’est dit "personnellement opposée" à l’aide humanitaire pour les migrants, a pris ce jeudi un arrêté interdisant la distribution de repas dans sa ville.

L’aide humanitaire constitue à ses yeux un "appel d’air". En marge d’un déplacement du ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux à Calais mercredi, quatre mois après le démantèlement de la "Jungle", la maire de la ville Natacha Bouchart s’est dit "personnellement opposée" à la distribution de repas ou à toute forme d’assistance en faveur des migrants, rapportent nos confrères de La Voix du Nord. Un arrêté interdisant la distribution de repas, que LCI a pu se procurer, a d'ailleurs été pris ce jeudi.


Dans le document, la maire justifie sa décision par une volonté de "prévenir les actes violents, les désordres et nuisances portant atteinte au bon ordre, à la sûreté et à la sécurité de la commune". Elle considère également que les regroupements notamment dus à la distribution de repas "sont de nature à troubler la tranquilité de la zone industrielle des Dunes". Si elle reconnait que "c’est humainement difficile à dire", l’édile estime que les Calaisiens ont "trop souffert". Il faut dire que la commune des Hauts-de-France est en première ligne puisqu’elle est la dernière étape à franchir pour les très nombreuses personnes rêvant d’Angleterre et d’un eldorado britannique. Au plus fort de la crise, plus de 10.000 personnes vivaient ainsi dans les camps de fortune autour de Calais (72.000 habitants en 2013 selon l’Insee). 

Les associations humanitaires déplorent la décision

"Un huissier est passé faire des constats rue des Verrotières (là où sont distribués les repas aux migrants, ndlr), dans la zone industrielle des Dunes, ce mercredi après-midi", détaillait Natacha Bouchart auprès de La Voix du Nord. "Nous prendrons des arrêtés au fur et à mesure. Je ne veux surtout pas qu’il y ait un appel d’air et que nous revivions ce que nous avons vécu : nous avons trop souffert."

On distribue de la nourriture de jour comme de nuit depuis deux mois, et on continuera à le faire pour une simple raison : les gens ont faimUn responsable associatif à nos confrères de La Voix du Nord

Interrogées par le quotidien local, les associations venant en aide aux migrants de Calais ont indiqué ne pas être au courant des intentions de la ville. "On prendra nos responsabilités", a réagi le membre du Secours catholique local, qui s’est dit "stupéfait qu’un responsable politique puisse en arriver à interdire à des enfants de se laver et de se nourrir" et dénonce "une politique de harcèlement" de la municipalité et de l’État.


Même son de cloche du côté d’un autre dirigeant associatif : "On distribue de la nourriture de jour comme de nuit depuis deux mois, et on continuera à le faire pour une simple raison : les gens ont faim."

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