La petite (mais onéreuse) histoire de la vignette auto en France

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PARE-BRISE - De la première vignette à coller sur le pare-brise des voitures à la nouvelle qui pourrait faire son apparition pour l'entretien des routes, petit tour d'horizon des vignettes qu'on dû acheter les automobilistes français c'est dernières années, ainsi que sur leur efficacité.

Si le ministère des Transports a écarté l'idée d'une nouvelle vignette automobile pour financer l'entretien des routes, contrairement à ce qu'avance Le Parisien dans son édition de lundi, ce dernier précise tout de même que le gouvernement présenterait sa "nouvelle politique de mobilité" en février. Et, comme c'est souvent le cas, en France, il n'est pas impossible, tant les informations du quotidien étaient précises, que, dans ces mesures qui seront annoncées dans quelques semaines, on retrouve quand même l'idée d'une vignette. Car cette dernière a toujours était un moyen de financement pratique pour l'Etat...

La vignette au nom de la solidarité aux personnes âgées

En 1956, Paul Ramadier, ministre des Affaires économiques cherchent à renflouer les caisses de l'Etat pour allouer une aide aux personnes âgées. Ainsi, en juin de cette même année, le Parlement adopte un texte qui met en application la circulation des premières vignettes "Fond national de solidarité", quelques mois plus tard. Son tarif varie en fonction de l'âge et de la puissance de la voiture et doit être collée au pare-brise. 


Cette vignette, qui doit être achetée chaque année, est annoncée comme était une taxe temporaire, car il a bien fallu calmer les réactions hostiles à sa mise en circulation obligatoire. De carrées, elles passent à hexagonales puis à rondes, en 1986, et seront obligatoires jusqu'en 2001. Quant à leur utilité, les retraités ne verront pas la couleur de cet argent prélevé et au bout de trois ans, Michel Debré, alors Premier ministre annonce que celles-ci seront finalement "acquises au budget de l'Etat". 

La pastille verte

Là encore, une pastille à coller sur le pare-brise mais qui devait servir à distinguer les véhicules polluants de ceux qui l'étaient moins. Elle permettait aux automobilistes conduisant des véhicules peu polluants de pouvoir circuler quand le pic de pollution atteignait le niveau 3 de l'alerte dans les grandes villes. Après plus de trois mois de négociations et un an de débat à deux gouvernements pour parvenir à un compromis susceptible de mettre d'accord la ministre de l'Environnement, Dominique Voynet, et le ministre des Transports, Jean-Claude Gayssot, cette taxe a été adoptée en août 1998 par le gouvernement Jospin.


 Elle est ainsi délivrée à quelque 7,7 millions de véhicules français, sur un parc automobile de près de 26 millions mais connaîtra une durée vie relativement courte. Elle sera supprimée cinq ans plus tard : le dispositif fut levé faute d'efficacité, devant le nombre de dérogations et l'abandon de la circulation alternée.

La vignette Crit'Air

En 2015, Ségolène Royal annonce vouloir mettre en place un système similaire à la feue pastille verte abandonnée au bout de cinq ans. Pour la ministre, il s'agira d'un "certificat qualité de l'air que les véhicules propres pourront apposer derrière leur pare-brise. Plusieurs certificats de couleurs différentes seront créés en fonction des seuils d’émissions polluantes des véhicules", disait-elle. Les automobilistes "verts" pourront circuler lors des pics de pollution, stationner gratuitement ou encore circuler sur les voies de bus, le tout étant soumis à l'autorisation des collectivités. 


Ce "certificat qualité de l'air" identifiera les véhicules selon leurs émissions (oxydes d'azote, particules) et concerne les deux-roues, les utilitaires légers, les poids lourds avec une classification différente. Des classifications identifiées par des couleurs différentes les véhicules en fonction de leur niveau de pollution.


Les véhicules les plus polluants, dont les voitures essence ou diesel immatriculées avant 1997, seront interdits de circulation en semaine de 8h00 à 20h00.s Aucune vignette spéciale n'est prévue pour ces véhicules. C'est donc le fait de ne pas en porter qui les signalera en infraction, si elles roulent en journée en semaine. 

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