La plateforme d'écoute des victimes d'inceste a reçu "des centaines" d'appels dès son lancement

Image d'illustration d'un enfant victime de violences

TÉMOIGNAGES - La Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) a lancé ce mardi une plateforme téléphonique et un site internet pour recueillir la parole des victimes de violences sexuelles et de leurs proches.

"Des centaines" d'appels et courriers en quelques heures. La plateforme téléphonique et le site internet appelant les victimes de violences sexuelles dans l'enfance à témoigner ont éte pris d'assaut ce mardi, quelques heures après leur lancement.

"En quelques heures, il y a déjà des centaines et centaines d'appels et courriers électroniques adressés à la commission et cela veut bien dire qu'il y a un  besoin social de très grande ampleur", a indiqué le coprésident de la commission indépendante sur l'inceste, le juge Edouard Durand. "Ça n'arrête pas de sonner et des mails sont arrivés toute la matinée", a abondé Louis Jehel de SOS-Kriz.

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Inceste : la parole se libère

Les victimes peuvent appeler entre 10h et 19h le 0805 802 804 (ou le 0800 100 811 pour l'outre-mer), où elles sont entendues par des écoutantes formées à la spécificité des violences sexuelles du CFCV (Collectif féministe contre le viol) et de SOS-Kriz. Elles peuvent aussi témoigner par écrit sur le site de la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise). La plateforme orientera ensuite les personnes vers des aides juridiques, psychologiques ou des soins.

Des travaux dans le sillage de la publication de "La familia grande" de Camille Kouchner

Les travaux de la Ciivise ont commencé en mars, dans le sillage de la publication de "La familia grande", de Camille Kouchner,  qui accusait son beau-père, le politologue Olivier Duhamel, de viols sur son frère jumeau. Le livre de la fille de l'ex-ministre Bernard Kouchner avait provoqué une onde de choc, entraînant des milliers de témoignages sur les réseaux sociaux sous le mot-dièse #MeTooInceste

Composée de magistrats, avocats, membres des forces de l'ordre, chercheurs, psychologues ou pédiatres, la Ciivise a pour mission de recueillir la parole des victimes d'inceste, de mieux connaître le phénomène, et de formuler des recommandations pour l'action publique.

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#MetooInceste : la parole des victimes se libère après l'affaire Duhamel

Les victimes sont ainsi invitées à remplir un questionnaire sur le site "qui va permettre de donner à la société une vision claire des mécanismes des violences sexuelles" et les réponses sociales et judiciaires reçues. Ces éléments inspireront les préconisations que la Ciivise formulera à l'horizon 2023.

La plateforme pourra être amenée à faire des signalements à la justice

La mission centrale de la Ciivise, a rappelé le secrétaire d'Etat chargé de l'Enfance, Adrien Taquet, est de "recueillir la parole des victimes, l'accompagner et la réorienter vers une prise en charge en soins, ou judiciaire, et mieux comprendre ce qui est à l'oeuvre quand des enfants sont victimes de violences sexuelles". Dans cette optique, la plateforme pourra être amenée à faire des signalements à la justice.

"Le garde des Sceaux a sensibilisé l'ensemble des parquets de la forte probabilité qu'un certain nombre de dossiers soient transmis et donc que les parquets y prêtent une attention toute particulière", a indiqué le secrétaire d'État. 

Un protocole spécial mis en place à l'école

De plus, depuis cette rentrée scolaire est instauré un "repérage systématique" des violences sexuelles subies par les enfants lors des visites médicales à l'entrée au primaire et au secondaire, mais aussi à 4-5 ans, à la maternelle. "Dans les prochaines semaines, nous dévoilerons un parcours de soins gradué adapté pour assurer une meilleure prise en charge" des victimes, a ajouté Adrien Taquet.

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À partir du 20 octobre, les membres de la Commission Inceste iront dans le pays à la rencontre des victimes et du public, en organisant des réunions publiques, et en consultant des professionnels, juges, médecins, services sociaux, forces de l'ordre, institutions, à la recherche de "bonnes pratiques" pour aborder ces problèmes.

Selon l'enquête nationale Virage de 2015, 14,5% des femmes et 4% des hommes ont subi des violences sexuelles au cours de leur vie. Plus de la moitié des femmes et deux tiers des hommes ont subi ces violences avant 18 ans.

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