La Pologne diffuse sur internet les noms de près de 10.000 gardiens et SS d'Auschwitz

SOCIÉTÉ

HISTOIRE - L'Institut polonais de la mémoire nationale a publié ce lundi près de 10.000 noms de gardiens et SS du camp nazi allemand d'Auschwitz-Birkenau. Une initiative qui permet de mettre des visages, des noms sur l'horreur.

"Ce n’est que le début d’un vaste projet", a déclaré le président de l’Institut polonais de la mémoire (IPN), Jaroslaw Szarek. L’organisme a mis en ligne ce lundi 9.686  noms de gardiens ou SS de camps nazis allemands sur la plateforme Truthaboutcamps.eu. La liste, enrichie de nombreuses informations, se concentre pour le moment sur les camps d’Auschwitz, d’Auschwitz-Birkenau et sur des camps secondaires associés. Elle doit cependant être prochainement élargie à d’autres lieux de détention et d’extermination mis en place par l’Allemagne nazie. Au total, 25.000 noms auraient été réunis, mais moins de la moitié sont aujourd’hui diffusés.

Un travail laborieux

La liste a pu être constituée en grande partie grâce au travail d’un historien :  Aleksander Lasik. Les recherches n'ont pas été faciles car, comme le souligne le directeur du Musée d'Auschwitz Piotr Cywinski, les Allemands ont brûlé un grand nombre de documents à la veille de leur défaite. "Nous disposons aujourd'hui de plus de renseignements sur les prisonniers que sur les SS", a-t-il relevé. C'est pour cette raison que le Musée a récemment lancé un appel aux Allemands et aux Autrichiens. Il les invite à lui transmettre tous souvenirs des soldats Waffen-SS, mémoires, lettres privées ou photos, pour permettre de "mieux comprendre la mentalité des bourreaux".

Le numéro deux de l'IPN, Mateusz Szpytma, a souligné que si quelques employés des camps de nationalité ukrainienne, lituanienne ou lettonne, ont été identifiés, il n'en était pas de même pour les Polonais. "Au moment où les Allemands ont lancé une opération de recrutement, l'Etat clandestin (la direction de la résistance polonaise - NDLR) a interdit aux Polonais d'y répondre et elle a abouti à un échec", a-t-il expliqué.

Un document de lutte contre le mensonge

La base de données, accessible en cinq langues, "est un instrument pour lutter contre le mensonge". Selon le chef de l’IPN, l’initiative est d’une importance capitale dans un contexte où l’expression de "camps polonais" est régulièrement employée à l’étranger pour parler des camps de détention et d’extermination. Le pays combat énergiquement cette erreur historique. "Nous n'y exprimons pas d'opinion, nous ne faisons que rapporter des faits secs", explique-t-il. Ces archives ont également été enrichies de quelque 350 sentences prononcées après la guerre contre les gardiens. Ces documents n'ont cependant pas encore été traduits.

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