La Poste suspend ses projets de réorganisation

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MALAISE - Confrontée au malaise grandissant de ses effectifs, le groupe La Poste a accepté mercredi 27 octobre de suspendre provisoirement ses projets de réorganisation des métiers du courrier.

C'est une première victoire des syndicats dans leur combat contre les dégradations des conditions de travail dans les métiers du courrier : La Poste a accepté de suspendre provisoirement ses projets de réorganisation, à l'issu d'une réunion, mercredi 27 octobre. Dès novembre, l'entreprise va initier des négociations qui porteront sur les conditions de travail dans les plateformes industrielles, avant de s'attaquer aux réseaux des bureaux de postes et aux services financiers en 2017.


Durant cette suspension qui prendra fin le 14 décembre, "tous les thèmes évoqués" lors de la réunion de ce mercredi seront traités, a assuré la direction, citant notamment "la gestion du temps de travail des facteurs", "les rythmes et charges de travail", les "évolutions des organisations de travail", les "remplacements" ou encore "l'amélioration des conditions de travail".

Neuf suicides en quatre ans

Cette annonce intervient alors que La Poste fait face à un malaise croissant dans ses effectifs. Dans une lettre datée du 14 octobre et dévoilée par RTL,  huit cabinets indépendants alertaient le gouvernement et le PDG de La Poste de la "dégradation rapide des conditions de travail" au sein du groupe. Celle-ci pointait en particulier la situation chaotique des facteurs, touchés par les suicides - neuf en quatre ans comme la radio le révélait le 6 octobre. 

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Illustration récente de ce malaise : l'histoire de cette postière de Villeneuve d'Ascq frappée d'un AVC en en plein service en février. Malgré son état, ses supérieurs lui avaient intimé de poursuivre sa tournée. Des secours avaient finalement été dépêchés grâce au concours d'un autre employé qui, pour ce geste, avait été mis à pied par l'entreprise.

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Cette réorganisation avait été décidée pour faire face à la baisse des volumes du courrier (30% de 2008 à 2015) avec en parallèle une baisse des effectifs très importante (3000 à 5000 postes en moins par an rien que pour les facteurs depuis 2005), ce qui, selon les syndicats, ne suffit plus à assurer la charge de travail et génère une dégradation très importante des conditions de travail et de santé des agents.


Les syndicats se sont félicité de l'ouverture des négociations, jugeant comme Eddy Talbot (SUD-PTT, 3e) que jusqu'ici "les discussions sur l'emploi étaient taboues à La Poste", même s'il estime que pour répondre au malaise social, "il va falloir aller plus loin et les discussions devront concerner l'ensemble des métiers". Le secrétaire général de l'UNSA-Poste, Luc Girodin, partage aussi cet optimisme teinté de méfiance. Il a salué une "bonne base" pour des discussions mais a assuré que "la vigilance restera de mise".

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