La première année de médecine va-t-elle bientôt disparaître ?

La première année de médecine va-t-elle bientôt disparaître ?

ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR – Sept facultés de médecine vont proposer à certains étudiants diplômés d'une licence d'intégrer directement la deuxième année de médecine. Une manière de contourner le concours de première année, ultra-sélectif, et de diversifier un recrutement en passant par des profils moins scientifiques.

Et si, avant d'entamer leurs études, les médecins étaient diplômés de philosophie ? Depuis plusieurs mois, le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche planche sur une réforme en profondeur de la sacro-sainte première année de médecine, la Paces . Un concours ultra-sélectif auquel échouent 85% des étudiants après une ou deux années d'études très intensives. Objectif : diversifier les profils et mettre fin à un recrutement parfois trop aléatoire.

Sept universités françaises* - sur les 37 existantes - vont expérimenter dès la rentrée 2015 et pendant six ans, diverses solutions. Principale proposition : recruter des étudiants diplômés d'une licence et les faire entrer directement en deuxième année. Les étudiants, rigoureusement sélectionnés, pourront suivre une formation étalée sur un semestre pour rattraper certains prérequis.

"Ouvrir la médecine à d'autres manières de penser"

La réforme pourrait aussi permettre de faire des économies. Selon Les Echos , l'organisation logistique des épreuves de la première année, qui concerne 2 500 étudiants rien qu'à Paris V, coûterait 500 000 euros. À Strsabourg, un tiers des moyens financiers sont affectés à cette première année, qui compte 2800 étudiants, dont plus de la moitié ne poursuivront pas dans une matière scientifique. 

"C'est une très bonne mesure, se félicite Patrick Pelloux, le président de l'association des médecins urgentistes . Il faut ouvrir la médecine à d'autres manières de penser. Je suis certain que Louis Pasteur ou Charles Richet n'étaient pas forcément de grands mathématiciens". Du côté des associations d'étudiants, on accueille également la réforme avec bienveillance. "C'est une très bonne chose de revoir les modalités d'enseignement, reconnaît Sébastien Foucher, de l'association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF). Mais il faut maintenant un programme plus ambitieux. Peu d'étudiants sont encore concernés".

Études longues

La faculté d'Angers est la plus novatrice. Dès la rentrée 2015, elle va supprimer la première année , en proposant un parcours universitaire regroupant plusieurs filières de santé. À l'issue de celui-ci, les meilleurs étudiants pourront intégrer médecine, mais pourront aussi se diriger vers des études d'ingénieur, de pharmacie ou de droit.

Dernière donnée à prendre en compte pour les futurs étudiants : après leur licence, ils vont encore rester longtemps sur les bancs de la fac. "Ce sont des études très difficiles, qui demandent beaucoup de travail et d'investissement", confirme Patrick Pelloux. Car après leur licence, ils devront au moins compter neuf autres années avant d'être enfin diplômés.

*Les facultés d'Angers, de Paris-V, VII, XIII, de Rouen, de Saint-Etienne et de Strasbourg participent à l'opération pour la rentrée 2015.

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