VIDÉO - La première route solaire au monde inaugurée en Normandie

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ÉNERGIE – La ministre de l’Environnement Ségolène Royal inaugure ce jeudi une route recouverte de panneaux solaires, dans un village de Normandie. Une première mondiale.

Si vous êtes un habitué de la départementale desservant le village de Tourouvre-au-Perche, dans l’Orne, il faudra vous faire à son nouveau revêtement. Un changement surprenant, mais écologique. Un tronçon d'un kilomètre recouvert de panneaux photovoltaïques est inauguré ce jeudi, en présence de la ministre de l’Environnement Ségolène Royal. La France signe ainsi une première mondiale, dont le coût de 5 millions d’euros a été pris en charge par une subvention de l’Etat.


À terme, ces 2800 m² de panneaux solaires devront produire l’équivalent de l’éclairage public d’une ville de 5000 habitants. L’installation prend la forme de dalles ressemblant à du carrelage plastifié, dans lesquelles des feuilles de silicium générant le courant sont intégrées. Une résine protectrice permet de protéger les panneaux photovoltaïques en étant capable de supporter la circulation des véhicules, rappelle la direction du projet Wattway. Celui-ci a été co-inventé par le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et l’entreprise de travaux publics Colas (filiale de Bouygues).

Une première observée dans le monde

Le système a été testé depuis quelques mois sur quatre sites pilotes (deux en Vendée, un dans les Yvelines et un dans les Bouches-du-Rhône) sur des surfaces nettement plus petites (50 à 100 m²). "Les cellules photovoltaïques n’ont pas bougé. Ça fonctionne parfaitement bien", se félicite le député de Vendée Alain Leboeuf. 


Première mondiale, la route solaire de l’Orne sera certainement observée de près par les autres pays. Les Pays-Bas ont mis en place il y a deux ans une piste cyclable de 70 mètres au nord d’Amsterdam et ont pour projet l’installation de routes photovoltaïques pour 2018. En Allemagne, une installation test sera expérimentée à l’été 2017 à Cologne. Aux Etats-Unis, le Missouri travaillerait à l’installation d’une petite portion de dalles solaires sur un trottoir.

D’autres priorités qu’un gadget dont on est certain qu’il est très cher sans être sûr qu’il marcheMarc Jedliczka, vice-président du Réseau pour la transition énergétique

Si les défenseurs du projet vantent une production d’électricité qui ne dérange personne - sur des surfaces qui ne sont occupées en moyenne que 20% du temps par les voitures - et pointent une théorie selon laquelle la France pourrait accéder à l’indépendance énergétique en équipant un quart de son million de kilomètres de routes, les critiques ne manquent pas non plus.


Marc Jedliczka, vice-président du Réseau pour la transition énergétique, reconnait "une prouesse technique" dans Le Monde mais estime qu’il y a "d’autres priorités qu’un gadget dont on est certain qu’il est très cher sans être sûr qu’il marche". Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables se questionne lui sur "son coût, sa productivité et sa durée de vie".

D’après le quotidien du soir, Ségolène Royal envisagerait la mise en place de dalles de silicium sur 1000 kilomètres de route. Soit la nécessité d’un budget de 5 milliards d’euros. Le prix du watt-crête (unité de mesure de l’énergie solaire) est de 17 euros pour ce type d’installation, contre 1,30 euros pour le solaire en grande toiture et 1 euro pour celui au sol. Le tout pour une production de "5 à 10 kilowatt de moins" par heure que les panneaux inclinés, selon le président de Wattway.

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