"La psy m’a appelé pour savoir si je voulais discuter" : comment les surveillants agressés sont pris en charge

"La psy m’a appelé pour savoir si je voulais discuter" : comment les surveillants agressés sont pris en charge

DirectLCI
TÉMOIGNAGE - Alors que ces derniers jours plusieurs surveillants pénitentiaires ont été agressés, nous avons voulu savoir comment ils étaient ensuite pris en charge et comment se passait leur retour au travail. Pour cela, LCI a posé la question à un maton de Fleury-Mérogis, frappé par un détenu dans les couloirs de la prison.

Les agressions de surveillants pénitentiaires se sont multipliées ces derniers jours. La ministre de la Justice Nicole Belloubet a rendu visite ce mardi au personnel de l’établissement pénitentiaire de Vendin-le-Vieil où trois matons ont été agressés par un détenu islamiste allemand la semaine dernière. Sept autres l'ont été à Mont-de-Marsan (Landes) dans la nuit de lundi soir et, mardi, c'est une surveillante de Tarascon (Bouches-du-Rhône) qui a reçu plusieurs coups de poing au visage asséné par un prisonnier suivi lui aussi pour radicalisation. 


Pour essayer de comprendre comment les surveillants agressés sont pris en charge et comment ils vivent leur retour au travail, LCI a recueilli le témoignage de l’un d’entre eux.

"J’ai été agressé par un détenu qui refusait de quitter sa cellule pour que celle-ci soit fouillée, nous a raconté un surveillant de la prison de Fleury-Mérogis, qui a choisi de témoigner sous couvert d’anonymat. Alors que le prisonnier ne voulait pas sortir de sa cellule, un gradé nous a rejoints pour essayer de l’en persuader. Nous étions six agents autour de lui. Et lorsqu’il s’est finalement décidé à sortir, sur le chemin de la salle de fouille, il m’a donné un coup de poing au visage." Et notre interlocuteur d'ajouter : "J’ai été surpris mais ça arrive..."


"Ensuite, j’ai été vu par les gradés et la hiérarchie, raconte le surveillant. La psychologue de la prison m’a appelé pour savoir si je voulais discuter avec elle. A chaque agression, la psychologue est prévenue, elle prend contact avec nous. On m’a également demandé si je voulais voir un médecin et aller à l’hôpital", détaille-t-il. Le maton refusera, n’en ressentant pas le besoin. Il n’a pas non plus demandé d’arrêt de travail.  

Une appréhension au moment de retourner au travail

Pourtant, au moment de retourner à Fleury, il n'a pu s’empêcher de penser à ce qui lui était arrivé : "J’ai eu une petite appréhension, notamment au moment d'ouvrir les premières portes. Mais sans plus."

En vidéo

Prisons : le blocage

Selon lui, les services qui lui ont été proposés étaient adaptés et efficaces. "Je peux affirmer que j’ai bien été pris en charge. En tout cas à Fleury-Mérogis la prise en charge a été à la hauteur. Je pense que c’est le cas dans tous les établissements. Ce n’est d'ailleurs pas ce que nous mettons en cause. Nous demandons plus de moyens et de sécurité au quotidien pour empêcher les agressions", affirme encore le gardien de prison. Pour lui, c'est sûr, à la fin de leur carrière, une immense majorité des surveillants pénitentiaires aura été agressée au moins une fois par un détenu.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter