La Rencontre annuelle des musulmans de France s'ouvre aujourd'hui : que va-t-on y trouver ?

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MUSULMANS DE FRANCE - A neuf jours de la présidentielle et à quelques semaines du ramadan s'ouvre ce vendredi la 34e Rencontre annuelle des musulmans de France, sous la houlette de l'UOIF. Un rendez-vous à cheval entre forum politico-religieux et foire commerciale.

Un nouveau nom, un débat opportun sur la présidentielle... : vivement contestée mais toujours influente, l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) veut faire entendre sa voix ce week-end lors de sa grande rencontre annuelle.  Quelque 170.000 entrées, pour environ 50.000 visiteurs individuels, sont attendues de vendredi après-midi à lundi soir au Parc des expositions du Bourget (Seine-Saint-Denis), cadre de la plus importante manifestation musulmane d'Europe.


Cette 34e Rencontre annuelle des musulmans de France (RAMF) devrait encore illustrer la capacité de mobilisation d'une fédération de 250 associations réputée pour son sens de l'organisation et toujours très active, de la formation des imams à l'enseignement privé confessionnel. Ce sera également l'occasion pour l'UOIF de présenter son nouveau nom, "Musulmans de France", adopté en février lors d'une assemblée générale extraordinaire.

La politique s'invite au Bourget

Au programme : des dizaines de conférences sur des thèmes divers et variés, allant de la "prévention de la radicalisation" au "repli identitaire" en passant par "l'échec scolaire" (dans l'espace famille) ou la "foi" (au forum génér'action). On retrouvera par exemple une conférence samedi animée par Tareq Oubrou pour répondre à la question : "Un islam de France est-il possible ?". Samedi, on pourra assister à un café-débat autour de la question : "Egalité hommes/femmes : les textes en otage ?".


Et à quelques jours du premier tour de l'élection présidentielle, l'UOIF ne s'est pas privée de programmer au Bourget un débat sur l'élection présidentielle, samedi après-midi, avec un titre sans détour : "Pour qui voter?".  "Nous sommes une structure apolitique et n'avons jamais donné de consigne de vote. Le vote musulman, en France, n'existe pas en tant que vote structuré, organisé. Mais en tant que citoyens, il est normal que nous nous intéressions à un scrutin aussi important", fait valoir à l'AFP le président de l'UOIF, Amar Lasfar.

Eviter de "créer des polémiques"

Mais il semble peu probable que tous les partis politiques soient représentés à l'occasion de ce rendez-vous. Aujourd'hui, les dirigeants du Front national ne sont plus les seuls à demander l'interdiction du mouvement. De la gauche la plus offensive sur la laïcité à la droite républicaine, nombreux sont ceux qui ont fait de l'UOIF une cible plus ou moins directe. "Il faut dissoudre les organisations qui se réclament des salafistes ou des Frères musulmans, et qui ont aujourd'hui pignon sur rue", a encore lancé récemment le candidat LR François Fillon.

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Tout en réfutant tout lien organique avec la confrérie égyptienne, l'UOIF soigne désormais ses castings, après avoir été longtemps peu regardante envers les prédicateurs qu'elle invite, pour certains accusés de tenir des propos haineux.


Star de la RAMF l'an dernier, où une de ses conférences avait été perturbée par des Femen seins nus, Tariq Ramadan ne sera pas présent. "Il a décliné l'invitation, on en a pris acte", glisse Amar Lasfar, pas mécontent toutefois "de donner leur chance à de jeunes talents". Et, dans sa quête de respectabilité, d'éviter de "créer des polémiques".

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