La surpopulation carcérale, un problème qui traîne depuis deux siècles

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PRISONS - Manuel Valls a affirmé jeudi à Agen sa volonté "d’agir vite" pour lutter contre la surpopulation carcérale, qui contraint les détenus à se retrouver à plusieurs dans des cellules de 9m².

La France a atteint un taux de détention inégalé depuis deux siècles. Manuel Valls a affirmé jeudi à Agen sa volonté "d’agir vite" pour lutter contre la surpopulation carcérale. Elle a atteint un nouveau record depuis cet été. Selon un rapport du garde des Sceaux, au 1er août 2016, les personnes détenues étaient 68.819 pour 58.507 places, soit un manque de 10.312 places. Sur la totalité des détenus, seuls 26.829 bénéficient d'une cellule individuelle.


Cette surpopulation contraint 3 voire 4 personnes à partager des cellules de 9m² en maison d’arrêt, poussant certains d’entre eux à la violence, au stress, compte tenu de cette promiscuité en réalité illégale. Depuis 1875, la loi prévoit l'encellulement individuel. Ces tensions se répercutent ensuite sur le personnel pénitentiaire qui travaille sous tension et parfois avec la boule au ventre, comme le confiait un surveillant de prison à LCI. En réponse à ces conditions d’incarcération déplorables, les mutineries se multiplient et on compte quelque 4000 agressions de gardiens chaque année.

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Avec des cellules accueillant plus de détenus qu'elles ne peuvent, 1500 personnes n’ont d’autre moyen que de dormir chaque nuit sur un matelas posé à même le sol. Selon l’OIP (Observatoire international des prisons), une quarantaine de maisons d’arrêt (sur 86 au total) a un taux d’occupation supérieur à 150%.


Pour exemple, selon le rapport mensuel de la direction de l'Administration Pénitentiaire, au 1er juillet on comptait de nombreuses prisons avec un taux d'occupation carcérale bien trop important. Parmi les plus surpeuplées, on trouve Nîmes avec 214% aujourd'hui, Fresnes 185,10%, Strasbourg 161,3%, Marseille-Les-Baumettes 148% ou encore Lille-Séquedin avec un taux de 131%. 

Manuel Valls, qui prend ainsi le relais du ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas, qui avait indiqué il y a deux semaines la mise en place d'un plan pour la construction de 10.000 à 16.000 nouvelles places d'ici 2025, a annoncé jeudi 6 octobre la création de 33 nouveaux établissements pénitentiaires, avec neuf agglomérations concernées en priorité, ainsi qu'un "Livre blanc" à établir avant mars 2017, sur le diagnostic des enjeux pénitentiaires de la France pour les vingt prochaines années. Les agglomérations "où la situation est la plus critique", selon le Premier ministre, sont Nîmes ou Alès, Strasbourg, Toulouse, Nice, Avignon ou Carpentras, et Nantes ou Saint-Nazaire, ainsi que la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne et le Val-d'Oise.

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