La "taxe halal", la solution pour le financement des mosquées ?

SOCIÉTÉ
ISLAM - Avec les récents attentats, le gouvernement cherche à "reconstruire l'islam de France", pour citer Manuel Valls. La question du financement des mosquées est devenue centrale et une idée émerge : instaurer une "taxe halal".

Depuis les attentats de Nice et de Saint-Etienne-du-Rouvray, c'est devenu la problématique centrale du débat public : comment réformer l'islam de France ? Avec un point particulièrement important aux yeux des politiques : comment financer les mosquées et éviter que ce financement provienne de l'étranger ?

A cela, une réponse semble gagner du terrain : instaurer une "taxe halal". Le maire de Pau, François Bayrou, s'y est déclaré favorable, lundi 1er août sur France Info : "Il faut revoir les sources de financements. Par exemple, avait été évoquée depuis longtemps, il y a 20 ans, une taxe sur la certification halal, en tout cas une contribution sur la certification halal pour employer les bons mots, qui était probablement une réponse."

Une solution qui rassemble droite et gauche

L'idée de financer l'islam par une taxe sur les produits halal plaît à droite comme à gauche. Benoît Hamon (PS) estimait, le 28 juillet sur BFMTV, que "la taxe halal - dès lors qu'elle est contrôlée par un compte de la Caisse des dépôts, contrôlée dans son usage en lien avec ce que serait cette autorité du culte musulman - pourrait être un principe sur lequel on s'engage".

De même, pour Nathalie Kosciusko-Morizet (LR), une telle taxe servirait à "trouver des financements autonomes pour l'islam de France", à l'instar de la taxe sur les produits casher pour les Juifs . Sur BFMTV , lundi dernier, le président du Conseil français du culte musulman, Anouar Kbibech, a rappelé que le Conseil s'est toujours dit favorable à l'instauration d'une "contribution de redevance".

Des critiques s'élèvent déjà

S'il n'a jamais évoqué l'idée d'une "taxe halal", Manuel Valls, dans son interview au Journal du Dimanche du 31 juillet , insistait sur l'urgence de "reconstruire une capacité de financement française". Vendredi dernier, le Premier ministre s'était dit "favorable" à la suspension des versements étrangers. Mais tout le monde n'approuve pas cette importance donnée au financement des mosquées.

EN SAVOIR + >> Valls "favorable" à la suspension des versements étrangers : qui finance les mosquées en France ?

Nathalie Goulet, sénatrice UDI de l’Orne et rapporteure d’une mission d’information sur le sujet, affirme  dans les colonnes du Monde , ce mardi 2 août, que "c’est une imposture de laisser penser que le problème peut se régler comme ça". Pour elle, la question du financement des mosquées est "accessoire", et priorité devrait être mise sur la formation des imams. Et surtout, la sénatrice, interviewée par MyTf1News , rappelle que "la radicalisation se fait, statistiquement, rarement à la mosquée".

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