La Ville de Paris se saisit de la grossophobie

La Ville de Paris se saisit de la grossophobie

Société
DirectLCI
SOCIÉTÉ - À l'occasion de la seconde semaine dédiée à la lutte contre les discriminations, la mairie de la capitale consacre une journée entière à celles liées au poids. Vendredi 15 décembre, des tables rondes ainsi que d'autres événements seront organisés gratuitement et sur inscription à l'Hôtel de Ville.

Hélène Bidard l'assure : elle veut faire de Paris une ville précurseure en matière de luttes contre toutes les formes de discriminations. L'élue communiste, adjointe d'Anne Hidalgo en charge de l'égalité femmes-hommes et des discriminations, l'avait rappelé à BuzzFeed News en novembre : "On n’a pas retrouvé d’action publique en France sur cette question. La lutte contre la grossophobie est une grande absente de la lutte contre les discriminations". 


La grossophobie se caractérise par une "phobie" (un rejet) ou une intolérance plus ou moins agressive à l’égard des personnes de forte corpulence. C'est une forme de discrimination de l'apparence que l'on peut, entre autres, retrouver à l'embauche ou lors du suivi médical. On estime qu'une femme en surpoids aurait huit fois plus de mal à trouver du travail qu'une femme correspondant à un idéal de minceur. 

Tables rondes et défilé de mode "body-positive"

Baptisée "Grossophie, stop ! Ensemble réagissons", la journée s'articulera autour de deux tables rondes. Militants, influenceurs, chercheurs, personnels médicaux, pourront débattre à partir de 14h. L'auteure française Gabrielle Deydier, qui a signé l'ouvrage "On ne naît pas grosse" en 2017, sera présente aux côtés de Jes Beker, bloggeuse américaine "body-positive", auteure de deux livres sur la grossophobie : "Things no one will tell fat girls" et "Landwhale". Trois livres inspirés de leur vécu personnel douloureux, avant de se réconcilier avec leur corps. 

Aujourd'hui en France, 49% de la population serait en surpoids, et 17,2% en état d'obésité. Mais la quasi-intégralité des politiques publiques sur ce sujet s'articulent autour de la question de la santé des personnes obèses. Parmi les publicités aux slogans "Manger, banger" ou "Cinq fruits et légumes par jour", la Mairie de Paris s'empare du thème de la grossophobie, qui reste, selon elle, une dimension sous-estimée par les collectivités. 

En vidéo

Obésité : la difficulté de briser le silence

Cette initiative rappelle celle prise par Madrid en juin dernier. En interdisant le "manspreading" dans tous les transports publics de la capitale, les Madrilains ont codifié les règles d'un vivre-ensemble harmonieux entre les genres. Quelques semaines plus tard, le conseil de Paris votait, le 4 juillet 2017, une incitation auprès des dirigeants de la RATP, du STIF et de la SNCF en faveur d'une sensibilisation au "manspreading". 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter