La voiture-radar conduite par un seul opérateur, comment ça fonctionne ?

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AUTONOMIE - Le ministère de l’intérieur a présenté ce vendredi les premières voitures-radar conduites par une seule personne sur des itinéraires contrôlés par un centre de supervision. Une expérimentation qui permettra, le 1er septembre prochain, de confier la conduite de ces voitures à des chauffeurs privés.

Elles existent depuis 2013. Depuis, 383 voitures  capables de contrôler la vitesse tout en roulant dans le flot de la circulation ont été mises en circulation. Jusqu’alors, elles embarquaient deux personnels d’équipage : des policiers ou des gendarmes, l’un affecté à la conduite et l’autre au réglage de la vitesse autorisée à l’endroit traversé.

Evreux, ville-test

L’expérimentation en Normandie de ce vendredi 24 février, devrait marquer un tournant dans le développement de ce type de véhicule. Sous le contrôle du délégué interministériel à la sécurité routière, Emmanuel Barbe, la voiture-radar conduite par un seul opérateur est donc entrée en phase de test à Evreux, dans l’Eure.

Le but ? Permettre l’homologation de son nouveau système avant une mise en circulation effective en septembre.

Ça marche comment ?

Il n’y aura donc qu’une personne embarquée dans la voiture. Une transformation donc par rapport aux anciennes. Ainsi, les voitures sont désormais capables de lire les panneaux toutes seules. Le chauffeur privé ne pourra pas savoir si le flash a été déclenché.

Le chauffeur a une mission : suivre l’itinéraire pré-programmé pour chaque mission. Le radar flashe les véhicules en infraction qui le croisent et ceux qui le dépassent.

Un radar est inséré dans la plaque avant, et un appareil numérique est installé sur la planche de bord.

Les nouveautés

Pour faciliter l’autonomie de la voiture, de nouveaux équipements ont été installés. D’abord, le navigateur GPS, qui permettra au conducteur de suivre l’itinéraire choisi avant  la mission.

Ensuite, quatre caméras (deux devant et deux sur la plage arrière) liront les panneaux de signalisation. Elles ont pour but de reconnaitre automatiquement les panneaux de limitation de vitesse ou ceux d’entrée et de sorite d’agglomération. Des caméras qui seront "miniaturisées" dit le ministère pour "banaliser" la voiture.

Centre de supervisation

Qui dit une personne, dit contrôle à l’autre bout de la chaine. Un centre de supervisation du prestataire choisi localisera les voitures-radar en circulation dans le territoire donné.

Dans le centre, un écran permettra de visualiser la position des véhicules, leur progression sur la carte et la vitesse maximale autorisée. Ainsi, si le chauffeur s’écarte du parcours demandé, son supérieur pourra le lui notifier immédiatement.

Cette expérimentation marque donc le début d’une période de test de plus de sept mois. Aucune infraction ne sera relevée pendant cette période et les marges de tolérance seront relevées de 5 km/h (pour des dépassements de 5km/h actuellement, ils seront tolérés jusqu’à 10 km/h).

Le ministère assure que les entreprises privées ne seront pas rémunérées au chiffre. Il espère surtout détacher plus de 400 hommes des forces de l’ordre afin de se consacrer à la lutte contre l’insécurité routière ou la protection des populations. Le dispositif d'externalisation sera ensuite progressivement étendu aux autres régions après le 1er septembre 2017.

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