Lactalis a ouvert un compte Twitter pour répondre en direct au reportage de "Cash Investigation"

RIPOSTE - Dans les heures qui ont précédé la diffusion du reportage de "Cash Investigation", le groupe Lactalis a créé un compte Twitter et a utilisé le hashtag #Lactalisrepond pour réagir en direct pendant la diffusion de l'émission sur France 2, mardi soir.

Un hashtag comme riposte. Empêtrée depuis plusieurs jours dans un scandale de contamination de laits infantiles par des salmonelles, l'entreprise était mardi 16 janvier au cœur d'un reportage diffusé par le magazine d'enquêtes de France 2, "Cash investigation". Le groupe laitier, qui jusqu’ici n’avait jamais communiqué sur Twitter, a pourtant crée un compte quelques heures avant le début de l'émission et a utilisé le hashtag #LactalisRepond pour réagir en direct. Tout au long du programme, le groupe a tenté tant bien que mal de se défendre face aux révélations d'Elise Lucet de de sa rédaction, ainsi qu'aux invectives des internautes.


Dans le reportage, par exemple,  des producteurs ont notamment dénoncé  les pratiques commerciales de l'industriel, qui avait refusé d'augmenter les prix du lait pendant la crise de 2016. "Nous n’ignorons bien évidemment ni la dureté du métier, ni les difficultés réelles dans lesquelles se trouvent certains producteurs. Nous ne sommes ni ignorants ni déconnectés de ces réalités", a ainsi rétorqué l'industriel sur son compte Twitter.

L'industriel laitier s'est également défendu de cacher ses comptes. "Nos comptes sont totalement connus des pouvoirs publics, en toute transparence. Le groupe paie ses impôts en France", a-t-il encore assuré sur Twitter. Le reportage de "Cash Investigation" a pourtant révélé que Lactalis n'avait jamais publié ses comptes, comme l'exige pourtant la loi.

L'émission d'enquête montre également que le vice-président du tribunal de commerce de Laval, c'est-à-dire la seule juridiction à même de contraindre légalement Lactalis à publier ses comptes, n'est ni plus ni moins qu'un haut-cadre de l'entreprise... Ce qui n'empêche pas ce dernier d'assurer qu'il continue d'agir en "toute indépendance et impartialité".  Des accusations auxquelles le groupe a  répondu dans plusieurs tweets : "Les Tribunaux de commerce sont composés pour partie de chefs d'entreprise. Il n'y a donc rien d'anormal à ce qu'un cadre du groupe en soit membre." Et d'ajouter que, de toute façon, le groupe n'a jamais refusé que les comptes soient déposés, simplement qu'ils soient publiés.

Le groupe a pu compter malgré tout sur le soutien d'un élu de la République. Face à la pluie de critiques, Olivier Richefou, le président du département de Mayenne, où l'entreprise est basée, s'est fendu d'un tweet en soutien à l'industriel laitier.

Critiqué pour sa communication opaque,  le groupe Lactalis avait préparé sa riposte et quelques contre-arguments en amont de la diffusion du reportage de "Cash Investigation", comme le montre cette infographie retraçant la chronologie des événements. 

Le groupe laitier a présenté ses excuses aux familles concernées, en mettant en avant le fait que parmi elles se trouvent des proches de salariés. "Nous ne nous excuserons jamais assez. Nombreux sont ceux parmi nous, mères et pères de famille, à être profondément affectés par cette situation. Beaucoup parmi les salariés du groupes ont des proches concernés par cette situation", assure l'industriel.

Enfin, dans un autre tweet, Lactalis a fait son mea culpa, tout en promettant de tirer les leçons de cette affaire. 

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Lait infantile contaminé : Lactalis et la grande distribution face au scandale

Plus d'articles

Sur le même sujet