Laïcité : y a-t-il un péril ultra-catholique en France ?

Laïcité : y a-t-il un péril ultra-catholique en France ?

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Alors que François Hollande s'apprête à rencontrer le pape à Rome vendredi, Manuel Valls a pointé le "danger" représenté par les "intégristes de l'ultra-droite catholique". Car sur le terrain, un an après le débat sur le mariage pour tous, ces mouvements continuent de prospérer.

Avec le débat sur la famille, puis sur l’IVG, les dissensions entre François Hollande et les catholiques sont étalées au grand jour. Incompatibilité traditionnelle de points de vue entre la gauche et les croyants ? Pas seulement, estime Manuel Valls, qui a pointé du doigt hier la menace "des intégristes de l’ultradroite catholique, rejoints par une partie de la droite". "Il faut mener un combat parce qu’il y a danger", a même lancé le ministre de l’Intérieur lors d’une rencontre sur la laïcité.

"Ces mouvements sont à un moment de l’histoire qui leur est favorable, nous confirme Rémy Langeux. Ils sont de plus en plus structurés et n’ont peur de rien." Pour l’auteur de Voyage au cœur d’une France fasciste et catholique intégriste, leur exposition était inconcevable il y a encore trente ans : "A l’époque, on sentait le soufre quand on approuvait ces idées. Aujourd’hui, leurs promoteurs prennent la parole sans qu’on ne leur demande." Une mouvance qui surfe aussi sur les effets de la crise. "Quand le contexte économique est mauvais, les extrémismes montent, c’est une mécanique classique", relève Rémy Langeux. Sans oublier une certaine indulgence du Vatican...

L’ambiguité de la papauté

Selon le spécialiste, "un glissement" s’est en effet opéré sous Jean-Paul II, "avec une montée en puissance de l’Opus Dei", puis sous Benoît XVI avec "la volonté de réintégrer certains évêques lefebvristes". "François a cassé cette ligne, sauf qu’il ne pourra pas bouger les dogmes de l’Eglise", analyse Rémy Langeux. Une impuissance dont les intégristes entendent bien tirer profit : "Ils veulent montrer leurs muscles à ce pape qui les a mis sur la touche. Et c’est une des raisons qui explique leur présence dans la rue."

En France, après s’être illustrés contre l’ouverture du mariage aux homosexuels l’an dernier, plusieurs groupes intégristes catholiques tels que Civitas ou le Printemps Français, sont bien décidés à poursuivre leur opposition au gouvernement. Dimanche, les deux s’apprêtent ainsi à défiler dans les rues de Paris, sous le nom de "Jour de colère". Un slogan mystérieux, derrière lequel se cachera également une autre communauté sulfureuse : les fans de Dieudonné.

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