Lait infantile contaminé aux salmonelles : Le Canard enchaîné affirme que Lactalis savait depuis des mois

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TOURMENTE – Le Canard enchaîné affirme mercredi que Lactalis était au courant depuis plusieurs mois de la contamination aux salmonelles de son usine de production de lait infantile de Craon, en Mayenne. Selon l’hebdomadaire satirique, le premier groupe laitier mondial a même caché aux autorités des contrôles internes montrant la présence de bactéries dans ses installations.

L’affaire pourrait bien devenir un boulet pour Lactalis. Dans la tourmente depuis le début du mois de décembre et trois annonces successives de rappels de produits infantiles potentiellement contaminés par des salmonelles, le géant mondial du lait se retrouve lourdement mis en cause ce mercredi pour sa gestion des événements.  Et pour cause : Le Canard enchaîné affirme dans son édition du 3 janvier que l’entreprise était au courant depuis le mois d’août (au moins) de la contamination de son usine de production de Craon, en Mayenne. 


Selon l’hebdomadaire, qui pointe par ailleurs une apparente défaillance d’agents de l’Etat passés à côté d’une quelconque détection lors d’un contrôle de routine en septembre, le groupe laitier est même allé jusqu’à cacher aux autorités des relevés internes effectués au mois d’août et de novembre montrant, eux, la présence de bactéries dans ses installations. Un manquement autorisé puisque les fabricants n’ont pas l’obligation de communiquer leurs résultats. 

Déjà sous le coup d’une plainte d’un père de famille et d’une enquête pour "blessures involontaires",  "mise en danger de la vie d'autrui" et "tromperie aggravée par le danger pour la santé humaine", l’entreprise devra prochainement s’expliquer. Ce mercredi, sans répondre directement aux accusations de soustraction d'informations, la direction de Lactalis a démenti d'autres allégations du Canard enchaîné, d'après qui l'usine aurait stoppé sa production de laits infantiles tout en continuant à fabriquer des céréales notamment.  "Tout ce qui est fabriqué dans l'usine de Craon est arrêté depuis le 8 décembre", a assuré un porte-parole, soulignant que les produits à base de céréales sont toujours fabriqués par le groupe mais dans d'autres éblissements, contrairement à ce qu'avance le président d'une association de victimes cité dans le journal. 


Chargés des investigations, les gendarmes de la section de recherches d'Angers et de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (Oclaesp) vont maintenant devoir démêler le vrai du faux. 

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