Langues régionales : en Alsace et en Bretagne, la colère ne retombe pas

Langues régionales : en Alsace et en Bretagne, la colère ne retombe pas

TOUCHE PAS À MON "ELSÄSSISCH" - Des centaines d'Alsaciens - mais aussi des milliers de Bretons - ont manifesté ce samedi 29 mai pour défendre "l'enseignement immersif" et l’utilisation de signes diacritiques, reconnus dans une loi sur les langues régionales adoptée le 8 avril dernier, mais censurés par le Conseil Constitutionnel.

"La république, c'est aussi la diversité des régions. Pourquoi ne pas accepter les langues et leur culture ?", déplorait une alsacienne au micro de TF1 ce samedi matin. "On est en Alsace, mince à la fin. Il faut nous défendre", fustigeait une autre. Comme elles, ils étaient une centaine dans les rues de Colmar ce samedi 29 mai, pancartes et drapeaux alsaciens en main, bien déterminés à se faire entendre. Au point d'asperger au passage, le président de la région Grand Est, Jean Rottner, d'une grande quantité de farine pour montrer leur mécontentement.  A l'autre bout du pays, en Bretagne, plusieurs milliers de manifestants s'étaient rassemblés sur le même thème.

Au cœur de cette colère, la décision du conseil constitutionnel de censurer "l’enseignement immersif" des langues régionales et l’utilisation de signes diacritiques comme le tilde dans les actes de l’état civil. Deux articles inscrits dans une loi sur les langues régionales - aussi dite loi Molac -  votée le 8 avril 2021 à l'Assemblée et partiellement retoquée par le Conseil Constitutionnel le 21 mai dernier. 

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"Les langues de France sont un trésor national"

Saisis par une partie des députés marcheurs, les Sages ont donné leur feu vert aux nouvelles dispositions permettant la prise en charge financière par les communes de la scolarisation des enfants qui suivent un enseignement de langue régionale. Ils ont en revanche censuré "l’enseignement immersif" de ces langues, c’est-à-dire effectué pour une grande partie du temps scolaire dans une langue autre que la langue dominante et l’utilisation de signes diacritiques comme le tilde (~) dans les actes de l’état civil.

Une décision qui divise largement la majorité et choque le député Libertés et territoires du Morbihan Paul Molac, à l'origine de la loi. Interrogé par TF1, il demande une modification de la Constitution. "Je ne peux pas modifier mon texte, c'est terminé. Là, il faut modifier la constitution pour permettre que les deux articles qui ont été censurés reviennent dans le droit." De nombreux politiques ont réagi à l'annonce du Conseil Constitutionnel, comme le maire de Pau, François Bayrou, qui a lancé "une alerte gravissime" sur Twitter et mis en garde contre une situation explosive. 

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Face à cette agitation, Emmanuel Macron a assuré mercredi sur Facebook que "rien ne saurait entraver" l'enseignement immersif en langues régionales, et "demandé au gouvernement et au Parlement de trouver les moyens de garantir leur transmission". Avant de conclure sur un classique en même temps, "les langues de France sont un trésor national. Je suis tout à la fois protecteur de la langue française et gardien de la richesse que constituent nos langues régionales."

De son côté, le Premier ministre, a annoncé mardi soir qu'il missionnait deux députés sur le sujet. "Ce sera une mission courte", et une fois les conclusions rendues "je recevrai l'ensemble des associations concernées, pour que sereinement nous en tirions toutes les conséquences", a-t-il précisé le lendemain au Sénat avant d'ajouter que la rentrée "s'effectuera tout à fait normalement" pour les établissements qui utilisent déjà l'enseignement immersif. 

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