"Le Jocon", "le grand classique de la main aux fesses"... le harcèlement de rue a déjà son musée

"Le Jocon", "le grand classique de la main aux fesses"... le harcèlement de rue a déjà son musée

PREVENTION - La ville de Lausanne a lancé lundi 30 avril une campagne de sensibilisation contre le harcèlement de rue pas tout à fait comme les autres. Par l'humour absurde, elle nous envoie dans une dimension parallèle où ce phénomène n'existe plus que dans les musées et s'expose sous les yeux ébahis des visiteurs.

À Paris, on a des harceleurs en forme de prédateurs. Dans les couloirs du métro, ils sont représentés sur des affiches sous les traits d'animaux sauvages terrorisant les femmes dans les transports. À Lausanne, en Suisse, les services publics ont fait un autre pari pour dénoncer le harcèlement de rue : celui de l'humour. 

Lundi 30 avril, le studio de création Messieurs.ch, accompagné de l'humoriste Yann Marguet, a lancé à la demande la ville de Lausanne la campagne intitulée "Musée du harcèlement de rue". L'idée ? Projeter le visiteur dans une dimension parallèle où le harcèlement de rue appartiendrait à une période révolue... et serait relégué aux intérieurs feutrés des musées. Un film d'un peu moins de deux minutes montre ainsi un groupe de personnes déambulant dans les allées d'un musée moderne où sont exposés quelques spécimens du harcèlement de rue (ou d'agression sexuelle) - "la main aux fesses, ce grand classique" ou encore "la caresse dans les cheveux non sollicitée". 

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Le "Jocon", ce "joyau de malaisance"

Au mur, des citations. C'est notamment l'heure de gloire de Catherine Millet et de sa sortie "J'ai beaucoup de compassion pour les frotteurs", exposée à côté de Donald Trump et de son fameux "grab them by the pussy" (attrapez-les par la chatte, ndlr). Pendant ce temps, une jeune femme se promène en immersion entre des hauts parleurs qui lui crachent des "salope", "sale gouine" et autres "jolies jambes", en souvenir d'une époque qu'on imagine loin derrière elle. De l'autre côté de la salle, trois hommes sont représentés muets, aveugles et sourds : ce sont ceux qui "avaient peur d'agir, de dénoncer des actes qui jusqu'à une certaine époque, étaient considérés comme parfaitement normaux". Enfin, la pièce phare de cette collection n'est autre que le tableau du "Jocon", ce "joyau de malaisance" qui "doit sa renommée à son regard qui ne semble jamais quitter sa proie". 

La recette de cette campagne qui fonctionne ? La dénonciation par l'absurde. "Au-delà d'un ton choc ou moralisateur, on a voulu pousser l'idée le plus loin possible, trouver une forme maligne qui parle à tout le monde sans dépeindre un harceleur en particulier. Le plus souvent, les gens ne se reconnaissent pas dans le portrait d'un harceleur" expliquent à LCI Cyril Jaunin et Nathan Saurer, respectivement réalisateur et directeur de création chez Messieurs.ch (qui compte une équipe paritaire, contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser.) La campagne, accompagnée de flyers et d'affiches dans le métro de Lausanne, devrait rester en place pendant deux semaines encore. De quoi inspirer les capitales voisines en terme de prévention contre le harcèlement de rue. 

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