Le CCIF s'auto-dissout pour éviter sa dissolution par le gouvernement

Gérald Darmanin à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), le 27 septembre 2020.

ISLAM - Le Collectif contre l'islamophobie en France a annoncé ce vendredi s'être auto-dissous pour éviter sa dissolution annoncée par le gouvernement. Il transfère toutes ses activités à l'étranger.

Agir plutôt que subir. Le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) a annoncé ce vendredi 27 novembre dans un communiqué s'être auto-dissous et avoir redéployé ses activités à l'étranger, face à la menace de sa prochaine dissolution par le gouvernement. Elle a par ailleurs rejeté en bloc ses accusations "mensongères" de proximité avec l'islamisme. Après l'assassinat de Samuel Paty, Gérald Darmanin avait accusé ce collectif d'aide et de défense des musulmans d'être une "officine islamiste contre la République". Il a indiqué mi-novembe avoir notifié à ses responsables sa dissolution, ce à quoi le CCIF avait rétorqué qu'une telle mesure adresserait "un message terrible aux citoyens de confession musulmane : 'vous n'avez pas le droit de défendre vos droits'".

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Les adhérents du CCIF renvoyés vers des associations partenaires

Dès le 29 octobre, le conseil d'administration du CCIF "a prononcé la dissolution volontaire" du collectif, et redéployé "une large partie de ses activités à l'étranger", explique l'organisme. "Les actifs de notre association ont été transférés à des associations partenaires qui se chargeront de prendre le relais de la lutte contre l'islamophobie à l'échelle européenne", ajoute-t-il. En conséquence, "la notification de dissolution reçue le 19 novembre a été sans objet, puisque le CCIF n'existe plus en tant que structure". Il ajoute que ses "outils de communication" seront fermés dans moins de 24 heures, et qu'il ne sera plus actif désormais que pour achever cette liquidation et "clôturer ou transférer ses dossiers en cours".

"Concernant nos adhérents, nos partenaires, nos soutiens et les personnes qui suivent notre travail, il leur sera proposé de prendre attache avec nos associations partenaires, et s'ils le souhaitent, pourront suivre et soutenir la lutte contre l'islamophobie", conclut-il.

La défense du CCIF

A travers une série de messages publiés cette semaine sur les réseaux sociaux, le CCIF estime d'autre part avoir "répondu aux différents griefs qui (lui) sont reprochés dans la notification de dissolution", et "démontré qu'elle se basait sur des éléments infondés, biaisés ou mensongers". "Pire : il nous est globalement reproché de faire notre travail juridique, d'appliquer le droit et d'exiger son application lorsque celui-ci est remis en cause", dénonce-t-il.

Depuis la décapitation de Samuel Paty par un jeune tchétchène de 18 ans radicalisé, le gouvernement fait un lien direct entre "l'islamisme radical" et le "terrorisme". Il a déjà dissous l'ONG humanitaire BarakaCity, accusée de "propager des idées prônant l'islam radical" et le collectif "Cheik Yassine", après la mise en cause de son président Abdelhakim Sefrioui, mis en examen pour "complicité d'attentat terroriste". Le gouvernement a également ordonné la fermeture administrative pour six mois de la mosquée de Pantin, au motif qu'elle avait relayé une vidéo dénonçant le cours de Samuel Paty sur la liberté d'expression au cours duquel le professeur d'histoire avait montré des caricatures de Mahomet.

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