Le Défenseur des droits lance une campagne contre le harcèlement sexuel au travail

Le Défenseur des droits lance une campagne contre le harcèlement sexuel au travail
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HARCÈLEMENT - Le Défenseur des droits présente, ce mardi 6 février, une campagne contre le harcèlement sexuel au travail qui sera lancée mi-février. L'initiative vise les acteurs susceptibles d'accueillir des personnes victimes. Mais sera-t-elle suffisante ?

Elle a été pensée avant l'affaire Weinstein, mais cette campagne ne pourrait pas être davantage d'actualité. Ce mardi 6 février, le Défenseur des droits, institution indépendante de l'Etat, présente une nouvelle campagne visant à lutter contre le harcèlement sexuel au travail, qui sera lancée partir de la mi-février.

Une campagne d'information développée à partir de trois outils : un dépliant, une affiche et un court-métrage, à destination "de tous les acteurs susceptibles d'accueillir des personnes victimes de harcèlement sexuel et de les accompagner dans leurs démarches". Comprendre les associations, les syndicats, les avocats, mais aussi les médecins et les référents égalité femmes-hommes des grandes entreprises. 

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"C'est un moment historique que nous vivons depuis l'affaire Weinstein", a expliqué Jacques Toubon lors de cette matinée d'information et de tables rondes. "Nous sommes tous choqués par #balancetonporc et #metoo, mais il faut que ce mouvement de la libération de la parole soit suivi d'actions, et que la seule responsabilité d'agir ne repose pas uniquement sur les femmes", poursuit-il. Le temps de l'action, donc, car la problématique du harcèlement sexuel est évidemment bien antérieure à la déflagration du scandale Weinstein. 

Selon une étude menée par les mêmes services du Défenseur des droits en 2014, 1 femme sur 5 se disait victime de harcèlement sexuel au travail. Parmi elles, 29% ne s'étaient confiées à personne, et 5% seulement avaient porté plainte. Ainsi, estime Jacques Toubon, "le mouvement de révolte actuel peut constituer la base d'une explosion juridique et judiciaire de la prise en compte du harcèlement sexuel au travail". "Est-ce que nous assistons actuellement à un feu de paille ? Ou bien, est-ce que ce qui s'est passé, et continue à se passer dans tous les milieux, permettra un changement profond des rapports entre les hommes et les femmes ? On peut l'espérer, sans vain optimisme."

A quand une campagne gouvernementale ?

Mais un dépliant, une affiche et un court-métrage parviendront-ils à engager une profonde transformation dans les milieux professionnels ? Marlène Schiappa, en déplacement en Corse aux côtés d'Emmanuel Macron, s'est félicitée dans un message vidéo "d'une campagne concrète, efficace, pour que chacun et chacune ait connaissance de ses droits". Mais Jacques Toubon de justifier une action en accord avec les moyens qui lui sont alloués, et qui ne sont, de son propre aveu, "pas terribles". "Je voudrais que le secrétariat d'Etat à l'Égalité entre femmes et hommes, le ministère du Travail, le ministère de la Justice lancent une campagne", assène-t-il. "L'Etat, ce n'est pas moi!"

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