"Le dimanche, c'est grasse matinée !" : la vidéo de l’élue de Paris dans son lit contre le travail le dimanche fait le buzz

SOCIÉTÉ
VIRAL - Dimanche matin, l’élue du Parti de Gauche Danielle Simonnet a posté une vidéo où elle est… dans son lit, en train de faire la grasse matinée. Un pied de nez à la maire de Paris Anne Hidalgo, qui va proposer au prochain Conseil de Paris d'autoriser les commerces parisiens à ouvrir douze dimanches en 2017.

"Je ne sais pas ce que vous aimez faire le dimanche matin, mais moi, j’adore faire la grasse matinée." Et elle le prouve : dimanche matin, Danielle SimonneT, élue du Parti de gauche au Conseil de Paris? a posté une vidéo sur Facebook… depuis son lit. Parce que le dimanche, elle savoure de ne pouvoir rien faire.


L’élue a surtout voulu faire un pied de nez à la maire de Paris Anne Hidalgo, qui  va proposer au Conseil de Paris d’autoriser les commerces parisiens à ouvrir  12 dimanches en 2017, soit le maximum possible prévu par la loi. Une petite volte-face puisque la  maire était jusque-là farouchement opposée à l’ouverture des magasins le dimanche et à la loi Macron, qui les généralise dans les Zones Touristiques Internationales (ZTI). Dans un communiqué, le premier adjoint Bruno Julliard a tenu à justifier cette décision qualifiée de "pragmatique", prise après avoir reçu syndicats, organisations patronales et branches. Selon lui, elle "s’appuie sur la réalité des rythmes de vie des Parisiens, dans un contexte économique difficile pour les commerçants, touchés notamment par la baisse de la fréquentation touristique". Des groupes de la majorité, et notamment les communistes et les écologistes sont hostiles au travail le dimanche.

Le dimanche c’est la culture, pas la consommation !Danielle Simonnet

Avant le Conseil de Paris, qui se tient jusqu'au 9 novembre, Danielle Simonnet a donc choisi d’interpeller directement Anne Hidalgo : "Alors qu’est-ce que vous êtes en train de nous faire là, vous nous la faites à l’envers ? L’an dernier, vous étiez opposés à la loi Macron, et là vous proposez l’ouverture des commerces 12 dimanche par an." Et l’élue démonte, de son lit, les arguments avancés : "Vous savez, ce qu’on n’a pas réussi à consommer les 6 autres jours de la semaine, ce n’est pas en ouvrant un jour de plus qu’on va consommer plus", estime-t-elle. "Parce que notre feuille de paie, elle est toujours la même." Elle rappelle également que la mesure serait loin de profiter aux petits commerces, comme avancé : "Vous savez bien que ce sont les grandes enseignes qui vont en profiter." 


Surtout, elle défend un mode de vie qui ne serait pas centré sur un "consumérisme effréné" : "Franchement, le dimanche, on a mieux à faire que de courir après le caddie et après les commerces.  Le dimanche, on doit pouvoir faire la grasse matinée, se reposer, se retrouver en famille, entre amis, aller se balader dehors et pourquoi pas aller voir une expo, aller au théâtre. Le dimanche, c’est la culture, pas la consommation. "

A quoi servent les dimanches ? Cette journée où les enfants profitent de leurs parentsLéa, internaute

Sa vidéo, mise en ligne dimanche, fait le buzz : elle a déjà été vue près de 130.000 fois. Le débat s’est vite engagé sous le post. Globalement, les internautes soutiennent la démarche de Danielle Simonnet, surtout ceux qui sont déjà amenés à travailler le dimanche, et savent ce que c’est : "Qu'est-ce que j'apprécierais de ne pas avoir à travailler un dimanche sur deux voire deux sur trois depuis 15 ans", s’exclame  Audrey, infirmière, sur Facebook. "Ceux qui décident d'ouvrir les magasins le dimanche n'ont pas connu ce crève-coeur que de devoir renoncer à un barbecue, à une soirée, une sortie.... tout ça pour bosser."  Laurent, lui, y voit une régression sociale : "La banalisation du travail du dimanche fait partie d'un recul général des droits sociaux, pour lesquels nos ancêtres se sont battus", estime-t-il. Dominique, lui, met un point d’honneur "à ne jamais aller dans un supermarché ou quelque boutique que ce soient un dimanche ou un jour férié. Je respecte trop nos anciens qui se sont battus pour obtenir ces acquis. On a largement le temps en semaine pour ça". 


Eliane, aide-soignante, travaille aussi le dimanche : "J'en ai travaillé des centaines depuis 35 ans, mais je trouve aberrant que cela se généralise", indique-t-elle. "Dans le milieu médical c'est normal, car il y a des malades dans les lits. Mais dans les supermarchés et les boutiques c'est une régression sociale !", lance-t-elle, à l'instar de Dominique. Léa, qui travaille aussi certains samedis et dimanches, ainsi que son conjoint, constate, amère, que les week-ends en famille deviennent rares. Et elle  pose la question, ironiquement : "C'est vrai ça ! A quoi servent les dimanches ? Cette journée où les enfants profitent de leurs parents, où les grands parents en profitent pour voir les membres de leurs familles, où l'on peut faire des balades en forêt, apprendre à nos enfants à faire un gâteau,  jouer à des jeux de société..."


Le Conseil de Paris ne rendra qu'un "avis consultatif" sur le sujet. Il devra ensuite être entériné par un avis conforme de la Métropole du Grand Paris, comme le prévoit la loi Macron.

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