Le garde des Sceaux déplore une justice française "à bout de souffle"

SOCIÉTÉ

DÉFICIT – Le ministère de la Justice a accumulé une dette de 170 millions d’euros et 36 millions d'euros de factures impayées, déplore le garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas, au JDD.

La justice est "à bout de souffle". Le garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas, décrit une justice "sinistrée" et un ministère qui "n'a plus les moyens de payer ses factures", dans un entretien au Journal du Dimanche  le 3 avril. 

Le ministre, en poste depuis deux mois , rappelle avoir dit à son arrivée que "la justice était au bord de l’embolie". "Depuis que je pousse la porte des juridictions, je dis plutôt qu’elle est sinistrée", s'alarme-t-il.

Un tribunal où on n’imprime plus les jugements faute d’argent

La direction de l’administration pénitentiaire a 36  millions d’euros de factures impayées pour des hospitalisations de détenus, assure le ministre. Et "l’État a une dette de 170 millions d’euros" de frais d'interprètes, de laboratoires d’analyses ADN, d'experts, d'écoutes téléphoniques... "Tous ces prestataires privés sont payés au minimum avec quatre mois de retard", déplore le ministre.

Jean-Jacques Urvoas assure qu'"énormément d'efforts" ont été faits depuis 2012 "sur les créations de postes", de magistrats notamment. Mais, dit-il, "les budgets de fonctionnement n'ont pas suivi". Ainsi, poursuit le ministre, "je connais même un tribunal où on n'imprime plus les jugements, parce qu'il n'y a plus d'argent pour les ramettes de papier".

À LIRE AUSSI >> La fin de mandat cauchemardesque de François Hollande

Lire et commenter