Le GHB, ou "drogue du viol", de plus en plus utilisé chez les fêtards : les autorités et monde de la nuit s’alarment

Le GHB, ou "drogue du viol", de plus en plus utilisé chez les fêtards : les autorités et monde de la nuit s’alarment

Société
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DÉFONCE - De plus en plus de fêtards utilisent du GHB ou un dérivé, le GBL, pour se désinhiber en soirée, alors que les surdoses peuvent être mortelles. Face à la multiplication des incidents, autorités et milieu de la nuit tirent la sonnette d’alarme.

Ils ont appelé ça le "GHB crisis". Et à situation de crise, mesures de crise. Fin mars, les professionnels du monde de la Nuit, réunis dans le Collectif Action Nuit, ont voulu alerter les autorités sur un phénomène croissant et inquiétant : l’usage croissant chez les jeunes de GHB -la "drogue du viol"-, et d’un cousin dérivé, le GBL, et les incidents graves, voire dramatiques, qui en résultent.


Le GHB ou GBL, une fois absorbés, modifient des fonctions physiologiques ou psychiques de l’organisme. Ils entraînent des vertiges, des pertes de mémoire, allant jusqu’à la perte de conscience, le coma, l’arrêt cardiaque ou encore l’insuffisance respiratoire. Le produit est surtout ultra-dangereux : "Un dosage infinitésimal suffit et les risques de surdosage sont par conséquent fréquents d’autant plus qu’ils sont associés à la prise d’alcool", indique le Collectif Action Nuit. "Les consommateurs ignorent le plus souvent le mix mortel. Son prix particulièrement attractif et son accès facile sur Internet en font un produit prisé des jeunes publics."

Dix comas chez des jeunes de 19 à 25 ans

Ces deux drogues ont été à l’origine d’"une vague d’évacuations graves", ces derniers mois, dans plusieurs clubs de la capitale. Devant la recrudescence des incidents, dont certains ont été mortels, les professionnels demandaient de l’aide aux pouvoirs publics "face à une situation" qu'ils ne "(pouvaient) gérer seuls".


Les pouvoirs publics les ont entendus, et ont répondu. Lundi, la préfecture de Paris a mené une réunion avec les professionnels de la nuit, les autorités de santé et les services de police. "C'est un phénomène qui est en train de s'étendre", a déclaré à la presse le préfet de police de Paris, Michel Delpuech. Selon  des données de la préfecture de police, depuis la fin 2017, l'absorption volontaire ou involontaire de GBL a causé dix comas chez des jeunes âgés de 19 à 25 ans dans des établissements de nuit parisiens. 

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Multiples incidents en soirée

Le 10 mars, au "Petit Bain", un établissement du 13e arrondissement, la soirée a même viré au drame lorsque deux jeunes sont tombés dans le coma après avoir ingéré des liquides dans des bouteilles ne leur appartenant pas. Après plusieurs semaines d'hospitalisation, l'un d'eux est récemment décédé. Les autorités se veulent fermes : six établissements abritant des trafics de stupéfiants ont fait l'objet depuis le début de l'année d'une fermeture administrative, soit le même total que sur l'ensemble de l'année 2017. Trois autres procédures sont en cours, a détaillé Michel Delpuech, qui a salué "l'esprit de responsabilité" des acteurs de la nuit parisienne. 


Il s'est engagé à explorer les pistes juridiques destinées à "limiter la vente de ces produits ou leur accès facile, notamment par internet", et souhaite également, d'ici l'été, bâtir un "plan d'action partenariale" avec les professionnels, demandeurs "de formation, de sensibilisation et de bonnes pratiques", et plus largement sensibiliser le grand public aux dangers du GBL. A cet égard, le préfet a relevé que les comas causés par le GBL ne se limitent pas aux lieux festifs mais débordent aussi dans la sphère privée. "On est sur un rythme de 50 à 100 comas par an" à l'échelle des hôpitaux de Paris. "C'est une évolution inquiétante, il y a deux ou trois ans, c'était 10", a souligné Michel Delpuech.


Du côté des clubs et bars, des actions concrètes sont aussi mises en place : vidéosurveillance des accès et espaces publics, filtrages et consigne des boissons à l’entrée, formation des équipes de service et de sécurité aux risques en milieu festif, formation aux gestes de premier secours de toutes les équipes, équipement de premiers secours, diffusion de documents de prévention agréés par les autorités sanitaires et de police, affichage public…

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