Le gouvernement construit un nouveau plan pour le logement

Le gouvernement construit un nouveau plan pour le logement
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LOGEMENT – Pour relancer le secteur clé de la construction en difficulté, le gouvernement engage un plan de relance, quatre mois après l'adoption de la loi Duflot sur le logement. Les mesures présentées mercredi par la ministre du Logement, Sylvia Pinel, entendent notamment soutenir l'accès la propriété. "Metronews" fait le point sur les principales dispositions.

Une nouvelle à l'édifice. A peine la loi Duflot sur le logement adoptée, le gouvernement annonce d'autres mesures en faveur de ce secteur. Cette fois, les dispositions présentées mercredi par la ministre du logement Sylvia Pinel entendent relancer le secteur économique clé de la construction, en panne. Ces douze derniers mois en effet, le nombre de mises en chantier est tombé au niveau historiquement bas de 312.000. Loin en effet de l'objectif de 500.000 logements neufs fixé par le président François Hollande.

Primo-accédants, constructeurs, locataires... Toutes les catégories sont concernées par ce plan de relance. Parmi les mesures phares : le prêt à taux zéro, qui limite la charge de l'achat d'un premier bien immobilier comme résidence principale, va être élargi (voir notre focus ). Qualifié par les professionnels du marché immobilier de véritable stimulateur, ce dispositif est en effet en perte de vitesse.

Les normes de construction simplifiées

Côté locataires, l'encadrement des loyers dans les villes les plus chères, issu de la loi Duflot, n'est officiellement pas remis en cause, a assuré mercredi le Premier ministre Manuel Valls. Toutefois, il devrait être revu dans "un souci d’équilibre entre la protection du locataire et la rentabilité pour les bailleurs", a-t-il précisé.

Les professionnels du bâtiment ne sont pas en reste. Cinquante mesures de simplification seront appliquées cette année pour alléger la réglementation sur la construction devenue particulièrement complexe et réduire ainsi le coût des chantiers. L'installation du local à vélo à l’intérieur même de l'immeuble, la réalisation obligatoire d'un sas entre les toilettes et le séjour ou la cuisine, l'interdiction d'édifier des façades en bois pourtant résistantes au feu dans les grands bâtiments, sont quelques-unes des contraintes qui devraient être levées. Et "ces dispositions pourraient faire baisser le prix du neuf", estime Jean-François Buet, Président de la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim).

Logements sociaux : entre suivi et sanctions

Autre volet : le logement social. Sur ce point, le gouvernement réaffirme l’objectif qu'il s'est fixé de 150.000 constructions de logements sociaux par an. A côté des appuis financiers déjà mis en place (abaissement de la TVA à 5,5% et de l'éco-prêt), l'Etat entend se mobiliser avec l'aide des préfets pour débloquer les projets retardés. Dans le même temps, il annonce une possible majoration des pénalités infligées aux communes en retard sur l'objectif de 25% de construction de logements sociaux inscrit dans la loi SRU.

Et pour les locataires non éligibles aux logements sociaux, mais dont le niveau de revenu constitue un frein pour trouver un logement dans des villes où le marché est particulièrement tendu, comme Paris, le gouvernement va enfin présenter au Parlement en juillet le projet d'encadrement des logements dits intermédiaires, établi le 20 février dernier. Les locataires concernés pourront alors disposer d'un loyer inférieur au prix du marché. En contrepartie le bailleur bénéficiera d'un avantage fiscal.

"Autant de mesures qui vont dans le bon sens, juge Jean-François Buet. Elles prouvent une prise de conscience des difficultés du marché." Un marché qui reçoit pourtant déjà un large soutien de la part de l'Etat, soit 45 milliards d'euros par an dont bénéficie près d'un ménage sur deux.
 

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