LGBT : le gouvernement va débloquer 1,5 million d'euros chaque année pour lutter contre les discriminations

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ÉGALITÉ - La secrétaire d'Etat à la Ville, Hélène Geoffroy, a lancé mercredi un plan de mobilisation contre la haine et les discriminations envers les personnes LGBT. Interrogée par LCI, la ministre explique qu'il s'agit de "donner plus d'efficacité aux avancées mises en œuvre depuis 2012 sur la question des droits et de l'égalité".

"On souhaite incarner l’égalité dans nos territoires", lance Hélène Geoffroy. Ce mercredi,  la secrétaire d'Etat à la Ville a dévoilé un nouveau plan de mobilisation contre la haine et les discriminations envers les personnes LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transexuels). Le but ? "Donner plus d'efficacité aux avancées mises en oeuvre depuis 2012 sur la question des droits et de l'égalité", explique Hélène Geoffroy, qui est également en charge de la lutte contre les discriminations. 

Une mobilisation qui s'inscrit "dans un vaste plan gouvernemental de lutte contre les discriminations", dont les grandes lignes seront présentées début janvier. Interrogée par LCI, Hélène Geoffroy estime que "la force de cette nouvelle étape est de pouvoir travailler sur tous les domaines, sur tous les territoires".

A l'occasion de la présentation de ce plan en Conseil des ministres, le gouvernement a également adopté l'extension du champ d'intervention de la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme (Dilcra), qui devient à cette occasion la Dilcrah (Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT). Un budget annuel de 1,5 million d'euros est prévu : il permettra notamment de "soutenir les associations qui interviennent en matière d'information, de prévention, de formation et d'aide aux victimes".

Recrudescence d'une "homophobie décomplexée"

Après le Conseil des ministres ce mercredi, Hélène Geoffroy s'est rendue à Orléans et à Paris pour présenter le plan de mobilisation devant plusieurs associations LGBT. L'objectif de ce plan est de "rappeler qu'en République, chaque citoyen doit être respecté quelle que soit son orientation sexuelle ou son identité de genre, parce que les droits humains ne se divisent pas, qu'ils ne se hiérarchisent pas et doivent tous être effectivement appliqués". Dans ce plan, les auteurs constatent que depuis l'adoption de la loi Taubira en 2013, il y a eu "une recrudescence, inacceptable et dangereuse, des actes et des propos lesbophobes, gayphobes, biphobes et transphobes" et d'une "homophobie décomplexée".

Une campagne nationale de communication contre les discriminations visant les personnes LGBT doit être lancée et des correspondants chargés de la lutte contre la haine LGBT seront désignés par les préfets dans chaque département. Une étude sur les discriminations dans la fonction publique, qui doit devenir "un employeur exemplaire", va aussi être menée.

Je ne peux que regretter toute décision qui serait à l’encontre de cet esprit de fraternité- Hélène Geoffroy

Un bilan des suites pénales données aux actes anti-LGBT sera publié, à l'instar de ce qui se fait déjà en matière d'actes racistes, anti-musulmans et antisémites. Une première. Un guide sur les droits des victimes sera également diffusé, note l'AFP. La question de la prévention et de la lutte contre les "LGBTphobies" à l'école et dans l'enseignement supérieur est également abordée dans le plan, de même que la sensibilisation en milieu rural, en outre-mer, dans les quartiers et dans l'entreprise.

Sur le plan répressif, le plan prévoit de systématiser la transmission au procureur de la République des paroles de haine anti-LGBT sur Internet et les réseaux sociaux, tout en favorisant le développement d'un contre-discours sur Internet. L'amélioration du traitement des personnes LGBT détenues est également à l'ordre du jour, avec la possibilité de "l'encellulement individuel des personnes en danger en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre, sur leur demande".

Côté culture, le plan prévoit notamment de "soutenir les fesitvals LGBT". Un soutien en forme de réponse à Laurent Wauquiez, qui a coupé les subventions régionales de plusieurs festivals de la région Auvergne Rhône-Alpes ces derniers mois. Contactée par LCI, Hélène Geoffroy dit ne pas partager ce choix. "Je ne peux que regretter toute décision qui irait à l’encontre de cet esprit de fraternité. On a besoin de former et de sensibiliser tout le monde", ajoute-t-elle.

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