Le jour du verdict du procès des attentats, "Dieu remis à sa place" en Une de "Charlie Hebdo"

"On a besoin de comprendre qui a fait quoi" : l'heure du verdict aux procès des attentats de janvier 2015

HUMOUR - Le journal satirique "Charlie Hebdo" remet Dieu "à sa place" en Une de son numéro à paraître mercredi, jour du verdict du procès des attentats de janvier 2015 en France.

Dans un fourgon de police, direction la prison : Charlie Hebdo remet Dieu "à sa place" en Une de son numéro, mercredi 16 décembre, jour où sera rendu le verdict du procès des attentats de janvier 2015, qui ont décimé sa rédaction. Cette Une est l'œuvre du dessinateur François Boucq, sollicité avec l'écrivain Yannick Haenel par Charlie Hebdo pour couvrir les audiences démarrées il y a plus de trois mois. 

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Le procès hors normes des attentats de janvier 2015

Cette Une revêt une signification extrêmement forte. Après trois mois d'audiences intenses mais chaotiques, la cour d'assises spéciale de Paris rend mercredi 15 décembre son verdict au procès de 14 soutiens présumés des auteurs des attentats de janvier 2015 contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher.

Avec le verdict, "le cycle de la violence, qui s'était ouvert [...] dans les locaux de Charlie Hebdo, se sera enfin refermé", écrit dans son éditorial Riss, le directeur de la rédaction de l'hebdomadaire satirique, ciblé par les djihadistes pour des caricatures de Mahomet. "Au moins sur le plan pénal car, humainement, les répercussions ne s'effaceront jamais, comme les témoignages des victimes venues s'exprimer à la barre le mirent en évidence", ajoute-t-il.  

Le procès de la "terreur politique qu'on nomme islamisme"

"La grande difficulté" fut "de démontrer la responsabilité des accusés. Il ne faut pas rêver, dans ce procès comme dans bien d'autres, la preuve absolue n'existe pas", regrette Riss à l'issue d'un procès qui fut selon lui "d'abord celui de cette terreur politique qu'on nomme islamisme". "Bien que tous les accusés n'aient pas le même niveau d'implication idéologique, on a pu déceler que certains d'entre eux étaient d'authentiques islamistes, malgré leurs efforts pour se faire passer pour de modestes malfrats", estime-t-il. 

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"Finalement, le verdict de ce procès, ce sont les lecteurs de Charlie qui l'ont prononcé : chaque semaine en tenant ce journal bien vivant entre leurs mains, six ans après son massacre", clame Riss. "Comme l'a conclu" Me Richard Malka, l'avocat de Charlie Hebdo, "dans sa plaidoirie, on ne tue pas une idée. Surtout quand elle est la plus puissante et la plus exaltante de toute une vie : la liberté".

La semaine dernière, le parquet national antiterroriste a requis de lourdes peines, de cinq ans d'emprisonnement à la réclusion criminelle à perpétuité, contre les 14 accusés soupçonnés de soutien logistique aux auteurs des attaques de Charlie Hebdo, Montrouge et l'Hyper Cacher, et pour deux d'entre eux de "complicité". Ces attentats avaient fait 17 morts pendant trois jours de terreur en janvier 2015, créant un électrochoc dans le monde entier.

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