Le livre de Valérie Trierweiler est-il un "revenge porn" ?

Le livre de Valérie Trierweiler est-il un "revenge porn" ?
SOCIÉTÉ

INTERVIEW - La sortie de son livre sur sa relation avec François Hollande, dans lequel est brossé un portrait au vitriol du Président, sonne comme une revanche pour l'ex-Première dame. Violaine-Patricia Galbert, conseillère conjugale, analyse pour metronews les ressorts psychologiques d'un tel acte.

Le déballage sans concession de Valérie Trierweiler dans un livre, sept mois après sa rupture avec François Hollande, fait penser au phénomène du "revenge porn", ces amoureux/ses meurtri(e)s qui publient des photos gênantes de leur ex sur Internet...
Le désir de vengeance est en effet fréquent après le dépit amoureux, il vient avec la rage et la souffrance. L'amant(e) déçu(e) se dit alors 'foutu pour foutu, puisque tu m'as démoli(e), je vais te démolir aussi'. C'est le signe non seulement d'une grande souffrance, mais aussi de la non acceptation de la rupture. Parfois cela peut aller très loin : les pages faits divers sont remplies de ces drames. Là, Valérie Trierweiler, qui est journaliste, utilise ce qu'elle sait faire de mieux : elle écrit.

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Pourquoi s'exposer ainsi publiquement ?
Tout cela était déjà en germe dès le début de la relation ! Le drame de ce couple, c'est que ce qui devait être intime a été montré et étalé publiquement. Normalement, dans les histoires de tromperie, le choix se fait sans témoin. Mais là, nous avons assisté à tout, à l'attentisme de François Hollande quand il a hésité, puis à la rupture quand il a dit par un communiqué qu'il ne voulait plus de cette compagne.

L'absence de statut officiel pour Valérie Trierweiler a-t-il joué dans ce processus ?
Oui, le problème, c'est que Valérie Trierweiler a toujours été en insécurité, puisqu’elle n'était pas protégée par le statut de l'épouse. Souvenez-vous de la séquence du 6 mai 2012, quand elle a réclamé un baiser à François Hollande sur la scène de la Bastille. Au fond, c'était l'histoire d'une femme qui avait un compagnon dont elle n'était pas très sûre. Il a d'ailleurs suffi d'un mot pour qu'elle parte. Il s'agissait donc de prendre le pays à témoin, et nous y sommes toujours.

Est-ce que l'écriture et la publication de ce livre peuvent faire office de catharsis ?
Cela marque en tout cas la volonté de reprendre la parole. La répudiation publique est un effondrement narcissique : Valérie Trierweiler n'était plus traitée en être humain mais en objet qu'on délaisse. Mais tandis qu'historiquement, la femme répudiée se taisait, le changement ici c'est qu'elle parle : elle nous dit 'je suis un sujet, j'existe, je garde une liberté'. L'inconvénient, c'est qu'il y a toujours un retour de bâton pour les protagonistes...

Quel retour de bâton ?
Il y aura un effet boomerang : je me venge mais en le faisant publiquement, je laisse les autres juger de mon histoire. Or, l'image des deux ressort abîmée de cette séquence. Il y a toujours deux vérités qui coexistent et au fond, ce que l'on va retenir, c'est que ce sont des gens bien ordinaires, lui avec ses histoires de nanas et elle avec ses histoires de mecs. Cela ne fait pas rêver !

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