Le ménage, davantage une histoire de femmes ? Les raisons d’une injustice

Le ménage, davantage une histoire de femmes ? Les raisons d’une injustice

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Si les hommes s’investissent de plus en plus dans les tâches ménagères inhérentes au foyer, l’égalité n’est pas encore tout à fait de mise. Cette réalité s’explique de plusieurs manières.

Rome ne s’est pas faite un jour, la répartition des tâches ménagères non plus. Cependant, les choses bougent et les mentalités évoluent. Une étude IPSOS pour Ariel, "Les Français et le partage des tâches ménagères : où en sommes-nous en 2018 ?" montre ainsi que le partage du ménage entre les hommes et les femmes s’est amélioré depuis Mai-68. Une bonne nouvelle même si les personnes en couple ne dressent pas tout à fait le même constat. Pour 46 % des hommes, la répartition des tâches est beaucoup plus équilibrée aujourd’hui par rapport à la génération de leurs parents. Seulement 34 % des femmes partagent cet avis.

Et pour cause, si les hommes s’impliquent davantage dans l’éducation des enfants par exemple, certaines tâches comme la lessive sont encore (trop) souvent l’apanage de la gent féminine. Mais pourquoi une telle injustice ménagère ?

La force des schémas

Les inégalités dans la répartition des tâches ménagères persistent, tout comme les inégalités sociales entre les femmes et les hommes en matière de salaires ou de carrières, avance la sociologue au CNRS Christine Castellain-Meunier, auteur de l’ouvrage Le ménage, la fée, la sorcière et l’homme nouveau. Moins présents, les hommes considèrent peut-être que le ménage n’est pas vraiment de leur ressort.


Mais aussi, beaucoup de femmes ont intégré l’idée que c’était à elles de se charger des tâches relatives au foyer pour être de "bonnes mères". Elles ont intériorisé le fait qu’elles étaient les cheffes de bord et qu’elles devaient tout gérer. Résultat : la charge mentale pèse sur nombre d’entre elles. Un rôle transmis, consciemment ou pas, par leurs parents. Quatre Français sur dix pensent ainsi que la gent féminine s’implique davantage dans certaines tâches parce qu’elle y trouve une satisfaction personnelle et qu’elle a plus de dispositions naturelles pour les tâches ménagères.

Les difficultés à déléguer

A cela vient s’ajouter un élément : la difficulté à déléguer certaines tâches. C’est le cas de la lessive. Dans l’étude IPSOS, une très grande majorité de femmes en couple (70%) ne considèrent pas que le repassage, le tri du linge ou le lancement d’une lessive soit fait ou fait de manière satisfaisante par leur conjoint. Du coup, elles s’en chargent elles-mêmes. 


Une situation qui convient à ces messieurs qui préfèrent ne pas faire du tout, plutôt que de mal faire et se contentent de sortir les poubelles. "Ils préfèrent s’accommoder de l’inégalité raisonnable qu’ils ont mise au point tant cela leur parait compliqué de révolutionner leur quotidien", souligne le sociologue Jean-Claude Kaufman. "Mais entre la poubelle d’un côté (deux minutes) et le linge de l’autre, nous sommes encore loin de l’égalité", ajoute-t-il.

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