Le mot "nègre" désormais proscrit, dites "prête-plume"

Le mot "nègre" désormais proscrit, dites "prête-plume"

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DIRECTIVE – Le ministère de la Culture suggère d’abandonner l’usage du mot "nègre" pour désigner un écrivain de substitution préférant l’expression "prête-plume". Le Cran, qui a révélé l’information ce jeudi, salue une décision renforçant la lutte contre le racisme et le colonialisme.

"C’est une nouvelle victoire." Le Conseil représentatif des associations noires de France (Cran) n’a pas caché sa satisfaction ce jeudi au moment de révéler qu’il avait obtenu gain de cause dans l’un de ses combats emblématiques. Le ministère de la Culture a en effet validé en début de semaine l’abandon de l’usage du mot "nègre" pour désigner une personne chargée d’écrire un texte publié sous la signature d’une autre suggérant d’utiliser désormais l’expression "prête-plume". 


"Considérant que le terme 'nègre (littéraire)' est inapproprié pour désigner la fonction ou le métier d’écrivain de substitution, il est proposé, après consultation des membres de la Commission d’enrichissement de la langue française, d’employer le terme 'prête-plume', notamment utilisé en Amérique du Nord, ou encore, en fonction des contextes, les termes 'auteur ou écrivain ou plume cachée', voire 'auteur ou écrivain ou plume de l’ombre'", indique l’institution de la rue de Valois.

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Un résidu de l’esclavage

"A l’heure où la France débat de la nécessité de lutter contre le sexisme dans le langage, le Cran rappelle qu’il faut pareillement éradiquer le racisme dont le langage est malgré nous le vecteur", a réagi Louis-Georges Tin, président du Cran. "Il faut lutter contre les mots colonialistes, qui finissent par formater et gangrener les esprits." Comme le rappelle l’association, le mot "nègre" avait fini par s’imposer dans le monde littéraire, au temps de l’esclavage, "justement parce que le 'nègre', est celui qui fait tout le travail, sans en retirer le véritable bénéfice".


Controversée depuis longtemps, "nègre" n’est pas la première expression à laquelle le Cran s’est attaquée. Outre les changements de nom imposés récemment au bar lyonnais "la Première plantation" ou au cabaret parisien "le Bal nègre", la fédération antiraciste était ainsi parvenue, en 2014, à faire débaptiser des pâtisseries appelées "Bamboula" et "Négro", deux termes eux aussi résiduels de la sombre période de l’esclavage.  

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