Pour l'Observatoire de la déontologie de l'information, le "média bashing" augmente, mais la rigueur diminue

Pour l'Observatoire de la déontologie de l'information, le "média bashing" augmente, mais la rigueur diminue

Société
JOURNALISME - Cette association qui représente des journalistes, des médias et le public déplore une multiplication des incidents entre responsables politiques et médias, sans pour autant dédouaner ces derniers.

Journalistes déclarés persona non grata, dénigrement des médias... L'Observatoire de la déontologie de l'information dresse un tableau sombre des rapports entre politiques et journalistes. Cette association regroupant des représentants de journalistes, de médias et du public a publié jeudi son rapport annuel 2018, "Pour une information libre et responsable".


Ce rapport, présenté ce jeudi aux Assises du journalisme à Tours, indique notamment que l'élection présidentielle "a été émaillée d'incidents entre hommes politiques et journalistes, les premiers cherchant de plus en plus à se passer des seconds pour diffuser leurs messages formatés à leur seule convenance, ou se livrant à un média bashing pour se dégager d'informations les mettant en cause ou ne leur convenant pas, au risque d'affaiblir la démocratie dont la liberté d'informer et d'être informé est un des piliers".

La plupart des formations politiques, ainsi que leur représentant, sont citées dans le rapport, comme Marine Le Pen, François Fillon, François Bayrou, Jean-Christophe Cambadélis ou Jean-Luc Mélenchon. "Le plus préoccupant est sans doute que ces tendances se soient prolongées une fois la fièvre des scrutins retombée", s'inquiète le rapport.


Le rapport pointe également "la généralisation de la fourniture d'images sur mesure par les partis politiques à l'occasion de leurs meetings", et dénonce des "plaintes et menaces de plaintes (...) déposées ou annoncées pour tenter d'intimider des journalistes jugés trop curieux", de la part d'entreprises privées mais aussi "du gouvernement et de l'Élysée".


L'Observatoire considère que les "fake news constituent un défi pour les médias et les journalistes", mais qu'il est préférable de "cultiver les usages professionnels et la déontologie" pour les combattre, plutôt qu'adopter un texte anti-fake news.

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L'organisme pointe enfin "un relâchement de la rigueur" des médias eux-mêmes, "sous l'influence de débats publics virulents et très polarisés". "La confusion entre les faits et les opinions est fréquente, tandis que (presque) toutes les opinions sont placées sur le même plan. A cela s’ajoute la confusion également fréquente entre animateur, chroniqueur invité et journaliste", peut-on lire dans ce rapport.


"Dans ce magma informel, le public éprouve des difficultés croissantes à se repérer. C’est aussi lié à des phénomènes comme la course de vitesse entre médias et réseaux sociaux, la confusion entre information et divertissement, le glissement vers le commentaire dans des titres, des questions posées, des lancements ou chapeaux, la présentation de chiffres, la non séparation des faits du commentaire. Ce relâchement de la rigueur contribue à nourrir l’accusation de parti pris systématique, de mensonges, de manipulation portée contre les médias. Car ce que le public pardonne de moins en moins", conclue le rapport.

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