Prix du lait : trois choses à savoir sur le conflit entre Lactalis et les producteurs

SOCIÉTÉ

Toute L'info sur

Les enjeux de la crise du lait

PLAN B - Après l'échec de leurs discussions avec le groupe Lactalis sur le prix du lait, les producteurs ont annoncé "une action d'envergure nationale". Retour sur ce conflit en trois points.

Le conflit

Les producteurs laitiers vont poursuivre leurs actions. Depuis plusieurs jours, les syndicats agricoles reprochent au groupe Lactalis, principal distributeur, d’avoir considérablement baissé le prix du lait cet été à 257 euros les 1000 litres, soit 10 à 30 % de moins que les concurrents Laïta et la société Silav (290 euros la tonne) ou encore la laiterie Saint-Père, filiale d'Intermarché, qui rémunère les éleveurs 300 euros les 1000 litres. Une baisse que le leader du marché mondial justifie par "une crise de surproduction". 


Selon le président de la FDSEA de Mayenne, Philippe Jéhan, le prix du lait devrait pourtant s’établir à 386 euros les 1000 litres pour qu'un producteur puisse bénéficier d'un salaire d'un Smic et demi. "J'espère que Lactalis va revenir à la raison, installer un dialogue avec les représentants laitiers, qu'il écoute les producteurs qui sont à bout", a-t-il déclaré.




Les négociations

Une première session de négociations s’est tenue jeudi 25 août à la Maison du lait, à Paris. Mais la FDSEA et Lactalis n’étaient toujours pas parvenus à s’accorder sur le prix des 1000 litres au terme de onze heures de négociations, entraînant la tenue d’une nouvelle séance dans la nuit de vendredi à samedi, elle aussi soldée par un échec. Lactalis avait proposé une augmentation de 15 euros la tonne de lait à compter du 1er septembre, soit environ 271 euros les 1000 litres. 

Lire aussi

"Un geste pour démontrer que l’on continue d’aller de l’avant et de négocier", avait expliqué Michel Nalet, directeur de la communication du groupe. Mais un prix que les producteurs et le ministre de l’Agriculture ont jugé largement insuffisant, pour leur permettre de compenser leurs coûts de production. Stéphane Le Foll a estimé pour sa part qu’il était "inacceptable" que Lactalis "paye le litre de lait le plus bas de toutes les laiteries françaises" et que le groupe devrait faire "l'effort qui consiste à se mettre au niveau de tous les autres".

Les actions menées

"On ne sortira qu'avec une victoire", a assuré de son côté Philippe Jéhan, bien déterminé à poursuivre ses actions. Pour se faire entendre, les agriculteurs ont occupé le rond-point de ce qu'ils appellent la "honte du lait" à Laval, de lundi à vendredi. Mais après ce nouvel échec des négociations, les syndicats agricoles, qui procèdent régulièrement à un réétiquetage des produits laitiers en supermarché, ont appelé à mener "une action d’envergure nationale" ce lundi.  


"Le groupe Lactalis a révélé au grand jour, ces dernières heures, toute l'étendue du mépris qu'il avait pour les agriculteurs", ont déploré les syndicats dans un communiqué. "Face à l'échec des négociations et à des propositions inacceptables, les 3000 agriculteurs qui se sont succédés à Laval durant la semaine, et tous les agriculteurs de France, se sont sentis humiliés par tant d'arrogance". Les modalités des actions seront définies dans la journée et les actions ne devraient pas débuter avant ce lundi soir. "Le groupe Lactalis devra plier ou alors ça lui coûtera très cher", a averti le président de la FDSEA sur BFMTV.

En vidéo

Producteurs laitiers : le pari du bio pour sauver les exploitations

Lire aussi

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter