"Le salaire net de 25 millions de Français va augmenter dès janvier" : de quoi parle le ministre Gérald Darmanin ?

Société
IMPÔTS - Dans un entretien avec les lecteurs du Parisien, publié samedi, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin évoque une hausse de salaire pour les salariés à partir de janvier 2018. L'occasion pour LCI de faire un point sur les engagements du gouvernement et leurs conséquences sur les fiches de paie.

Le gouvernement assure le service après-vente de son projet de loi de finances, présenté cette semaine en Conseil des ministres. Dans un entretien au Parisien, publié samedi, Gérald Darmanin indique notamment que "le salaire net de 25 millions de Français va augmenter dès janvier". Le ministre des Comptes publics précise notamment que cette augmentation représentera "un 13e mois" pour un salarié au Smic. 


Un argumentaire développé ces derniers jours par l'exécutif, qui va supprimer les cotisations sociale pour les salariés en contrepartie d'une hausse de la contribution sociale généralisée (CSG). Cela correspond à un engagement de campagne d'Emmanuel Macron. Cette réforme visant à augmenter le pouvoir d'achat des actifs n'impactera pas votre porte-monnaie de la même façon, selon que vous soyez salarié du privé, fonctionnaire ou retraité. On fait le point.

Vous êtes salarié(e) dans le privé

Vous êtes dans la catégorie des gagnants de cette réforme. Pour vous, salariés du privé, la suppression des cotisations s'évalue à 3,15% du salaire, en deux temps (janvier puis octobre 2018). Sachant que la CSG augmentera de son côté de 1,7 point, votre pouvoir d'achat va en bénéficier, plastronne le gouvernement.


Par ailleurs, sachez que l'augmentation de la CSG évolue en fonction du salaire. Donc, si vous êtes au smic (environ 1500 euros brut par mois), vous devriez constater une hausse de 250 euros par an. Si votre salaire est plutôt au niveau de 4000 euros brut mensuels, vous gagnerez 700 euros en plus par an. Avec un salaire brut mensuel de 5500 euros, un peu plus de 1100 euros par an seront pour votre poche. Enfin, si vous gagnez aux alentours de 10.000 euros brut par mois, vous pourrez compter sur 1800 euros net supplémentaires par an. A savoir : les très gros salaires - au-delà de 35.000 euros mensuels -, ne seront pas concernés par la réforme et devront s'acquitter des cotisations chômage et maladie. 


Notons tout de même que cette suppression des cotisations salariales n'est pas anodine pour notre système de protection sociale. En effet, c'est le financement de l'assurance chômage et de l'assurance maladie qui s'en trouve affecté, et désormais assuré en grande partie par la CSG pour la partie salarié. Avec quelles conséquences ? S'il faudra attendre la réforme de l'assurance chômage de 2018, on rappellera qu'Emmanuel Macron avait promis d'en baisser le coût, notamment via le durcissement des exigences faites aux chômeurs pour qu'ils puissent obtenir des prestations.

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Darmanin : "Pour un ouvrier au smic, c'est, à la fin du quinquennat, un 13e mois"

Vous êtes fonctionnaire

En ce qui vous concerne, la situation reste encore floue. Pour vous qui ne payez pas de cotisation maladie ou de cotisation chômage - à part une contribution exceptionnelle de sécurité (CES) -,  la hausse de la CSG devra être "compensée".


C'est en tout cas ce qu'a promis Bercy, au mois d'août. Mais au-delà d'une "compensation", parle-t-on d'un gain de pouvoir d'achat ? La chose vous a été promise peu avant l'élection par Macron candidat, pourtant rien n'est moins sûr. S'agira-t-il d'une prime ? D'une baisse de charges ? D'une suppression de la CES ? Les options, alors que les fonctionnaires s'inquiètent déjà du gel de leur point d'indice et du retour du jour de carence, restent ouvertes. 

Vous êtes retraité(e)

Vous serez particulièrement impactés par la hausse de la CSG, car il vous faudra vous acquitter de cet impôt sans pour autant profiter d'une baisse des cotisations. Afin d'épargner les retraites les plus modestes, un seuil à partir duquel la CSG augmente a été fixé : ainsi, la hausse de la CSG vous concerne si vos revenus sont supérieurs à 1200 euros nets par mois (ou 1700 euros pour un couple). 


Vous serez environ 9 millions de retraités à être concernés. A titre d'exemple, avec une pension de 1200 euros par mois, la hausse de la CSG représentera une perte d'environ 240 euros nets par an. Néammoins, plus de la moitié des retraités français perçoivent une pension supérieure. Et pour un montant de 1500 euros, par exemple, la CSG s'appliquera totalement et il en "coûtera" 300 euros par an. 


Par ailleurs, le ministère de l'Economie indique une augmentation du minimum vieillesse ainsi que la suppression de la taxe d'habitation, afin de compenser l'impact de la hausse de la CSG. Affaire à suivre.

Bonus : vous êtes (très) riche

Si vous êtes concerné par l'impôt sur la fortune (c'est-à-dire que votre patrimoine est évalué à plus d'1,3 million d'euros), il va y avoir du changement. En transformant l'ISF en impôt sur la fortune immobilière, le gouvernement ne ponctionnera désormais plus les valeurs mobilières telles que les actions, obligations et autres parts d'entreprise. 


Il prévoit également d'imposer une "flat tax", un prélèvement forfaitaire unique à 30% sur les revenus du capital. Des revenus qui, auparavant, pouvaient être taxés jusqu'à près de 60% pour les foyers aux revenus les plus élevés. Un gain majeur, que l'ancien ministre des Finances Michel Sapin a déjà qualifié de "nouveau bouclier fiscal" façon Nicolas Sarkozy, quand l'OFCE et l'Oxfam avaient estimé, pour leur part, que les 10% des ménages les plus riches bénéficieraient de près de la moitié des baisses d'impôt proposées par le gouvernement.

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