Le studio Weinstein dépose le bilan et met fin au silence des victimes du producteur

SOCIÉTÉ
AFFAIRE WEINSTEIN - La Weinstein Company, société de production anciennement présidée par Harvey Weinstein, s'est déclarée en faillite. Elle a mis fin, par la même occasion, aux clauses de confidentialité signées par les victimes du producteur.

La Weinstein Company dépose le bilan et libère la parole. Le studio de cinéma et de télévision, dont l'ancien président n'est autre que Harvey Weinstein, a annoncé lundi qu'elle s'était déclaré en faillite devant un tribunal du Delaware. Le studio fait état de dettes comprises entre 500 millions et un milliard de dollars et d'actifs inscrits dans une fourchette similaire.


La Weinstein Company a aussi annoncé mettre fin "immédiatement" aux clauses de  confidentialité signées à l'initiative de Harvey Weinstein, "dans la mesure où  elles empêchaient de parler des individus ayant subi ou été témoin des abus sexuels de Harvey Weinstein". "Personne ne doit avoir peur de s'exprimer ou être contraint de rester  silencieux, a-t-elle assuré. La société remercie les individus courageux qui  ont déjà pris la parole. Vos voix ont inspiré un mouvement porteur de  changement pour le pays et le monde entier."

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La TWC, prudente, ne dit pas combien d'accords de confidentialité ont ainsi pu être signés. Si une centaine de femmes dont Angelina Jolie et Rose McGowan ont déjà accusé Harvey Weinstein d'abus sexuels allant du harcèlement au viol, cette annonce rend d'autres révélations possibles. Le procureur de l'Etat de New York, Eric Schneiderman, qui avait assigné la TWC en justice en février et empêché un accord de reprise de la TWC faute de dispositions suffisantes pour les victimes d'Harvey Weinstein, s'est réjoui de cette annonce.


Cela "permettra à des voix qui ont été trop longtemps bâillonnées de  pouvoir enfin être entendues", a-t-il réagi dans un communiqué, en soulignant que ses services resteraient impliqués dans le processus de faillite pour s'assurer de la bonne compensation et protection des victimes.

Le tribunal étudiera une offre de reprise

The Weinstein Company, à la réputation ternie par la chute de Harvey Weinstein, recherchait depuis des mois un acquéreur ou un investisseur. La TWC avait longtemps négocié une reprise avec l'ancienne responsable des PME de l'administration Obama, Maria Contreras-Sweet, qui voulait reprendre le  studio pour quelque 500 millions de dollars, mais les négociations ont tourné  court il y a deux semaines. 


Le studio fondé en 2005 précise que son dépôt de bilan va de pair avec une offre de reprise émanant d'une filiale du fonds de placement Lantern Capital, sur laquelle se basera le tribunal des faillites du Delaware pour évaluer d'éventuelles offres concurrentes. "Même si nous avions espéré arriver à une reprise hors tribunal, le conseil  d'administration est heureux d'avoir un plan qui permette de maximiser la  valeur des actifs et de préserver le maximum d'emplois et de rendre justice aux  victimes", a déclaré Robert Weinstein, cité dans le communiqué.


Aucune information chiffrée n'a été donnée concernant cet accord de rachat. Le studio Lions Gate Entertainment de même que la compagnie Miramax, fondée par les frères Harvey et Bob Weinstein et aujourd'hui détenue par le Qatar, ont exprimé leur intérêt pour la société en faillite.

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