Le succès de "120 battements par minute" fait exploser la direction d'Act Up-Paris

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CHAOS - L’ancienne équipe dirigeante d’Act Up-Paris a quitté ses fonctions samedi, déplorant la "transition brutale" liée au succès du film "120 battements par minute", Grand Prix du dernier Festival de Cannes et grand vainqueur de la dernière cérémonie des César.

C'est le chaos à Act Up-Paris. L'ancienne équipe dirigeante a quitté ses fonctions samedi, déplorant la "transition brutale" inhérente au succès du film 120 battements par minute. 


L'équipe démissionnaire cible en effet dans un communiqué le succès du film de Robin Campillo, couronné aux César. Selon elle, l'association, en perte de vitesse et même un temps placée en redressement judiciaire en 2014, a vu "une vague de nouvelles arrivées" avec notamment "de jeunes militants déjà politisés et expérimentés dans d'autres luttes, notamment antiracistes".

Toujours dans ce communiqué, l'équipe démissionnaire assure que ces jeunes militants "détournent et exploitent l'outil d'Act Up, en se servant de son historique, pour mettre en avant d'autres luttes". Les deux anciens coprésidents, Rémy Hamai et Mikaël Zenouda, et l'ancien vice-président Xavier Coeur-Jolly, déplorent que le travail d'expertise soit "relégué au dernier plan" au profit "du commentaire permanent de la critique spectacle".

Totalement "écœurés au point de démissionner" par les "insultes" et les "dépréciations gratuites", les anciens responsables ont été remplacés lors d'une assemblée générale extraordinaire samedi par une nouvelle équipe élue, "dont deux personnes arrivées depuis trois semaines", ajoute leur communiqué, qui dénonce "toute forme d'entrisme politique" et de "violence revendiquée". 


Dans un communiqué sur son compte Facebook, Act Up-Paris affirme que "cette élection s’est déroulée de manière démocratique, dans le respect des statuts de l’association, par un vote à main levé pour désigner les représentants du CA."

Les deux nouveaux vice-présidents sont donc Fabrice Clouzeau et Marc-Antoine Bartoli. 


Cette décision a provoqué ce week-end - et provoque toujours - des réactions contrastées sur les réseaux sociaux, où certains rappellent le mode d'action spectaculaire qui était la signature d'Act Up dans les années 1990 (préservatif géant sur l'obélisque de la Concorde à Paris, jets de faux sang ou de vraies cendres de militants...). 

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