"Le train est devenu beaucoup trop cher et trop souvent en retard" : ils ont dit "bye-bye" à la SNCF

"Le train est devenu beaucoup trop cher et trop souvent en retard" : ils ont dit "bye-bye" à la SNCF

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TEMOIGNAGES - D’après des chiffres publiés ce jeudi, l’Arafer, le train perd du terrain en France face aux autres modes de transport, contrairement aux autres pays européens. LCI vous a demandé si vous aviez tendance à délaisser le train, et si oui, pourquoi. Vous nous avez répondu, en nombre.

"Je ne prends jamais le train car les tarifs sont de plus en plus chers et les horaires peu respectés. Je prends principalement mon véhicule ou covoiturage. Maintenant, le train est fait pour les riches et surtout pas pour les familles ou les ouvriers, avec un niveau de vie qui diminue." Le témoignage d’Armand, sur la page Facebook de LCI, ressemble à beaucoup d’autres.


Lionel, lui, préfère prendre l'avion. "Pour aller de Paris à Montpellier, ça me coûte que cinq euros de plus" que le train, nous écrit-il. Et à Paris ? "Je préfère le bus et le tramway : en les prenant à des horaires légèrement décalés on a toujours une place assise. C'est surtout moins sale et à peu près ponctuel, par rapport au RER" ; Rémi : "Prendre le train en famille est juste beaucoup trop coûteux. Nous, à 4, c'est bagnole ou avion, le train jamais" ; Diane : "Le train est devenu beaucoup trop cher et est trop souvent en retard. Les employés de la SNCF ne sont pas du tout aimables. Rien de tel que le covoiturage. Moins cher et plus convivial. Bye-bye la SNCF" ; Leslie : "Avec des tarifs exorbitants, c'est presque moins cher de prendre l'avion. C'est ce que j'ai fait pour un Paris-Nantes et ça m'a coûté deux fois moins cher."


Tous les commentaires agitent peu ou prou les mêmes arguments : prix, ponctualité, voire "insécurité, surtout en banlieue parisienne", sensation d'être du "bétail enfermé" pour certaines lignes, et une conséquence : "Pour moi désormais, c’est bus ou Blablacar."

Ces retours d’expériences confortent le constat de l’Arafer, autorité de régulation du secteur qui a rendu jeudi 16 novembre un rapport sur le sujet, le tout premier du genre. Alors que, partout en Europe, le train se développe. En France, c’est l’inverse : il régresse.


Il fut en effet un temps où les TGV et TER étaient en plein développement : à la fin des années 90 et au cours des années 2000, le ferroviaire avait ainsi atteint 10 % de part modale en 2011, contre 7,1% en 1995. Mais la tendance est aujourd’hui inversée : depuis 2011, la fréquentation des trains de voyageurs recule alors que celle des autres modes de transport (voiture particulière, avion, autocar) progresse.


Les trafics intérieurs de voyageurs réalisés en voiture particulière (covoiturage compris), en autocars interurbains et en avion ont augmenté en 2016 : voiture + 2,7 %, autocar interurbain + 17 %, avion + 3,8 %.  A côté de ça, la baisse de fréquentation des TER s’élève à - 2,8 % mais ce sont les trains internationaux (- 7,8 %) et les Intercités (- 6,5 %) qui ont le plus souffert de cette désaffection. La fréquentation du TGV domestique reste stable (+ 0,1 %), celle du Transilien est même en hausse (+ 3,8 %).

350 trains supprimés chaque jour

Cette désaffection serait-elle due à un service de moindre qualité ? Qui, de l'oeuf ou de la poule, a commencé le premier ? Dur de faire le lien. Ce qui est sûr, c’est que les chiffres de l’Arafer sur la déprogrammation de trains, qui auparavant n’étaient pas recensés dans les statistiques nationales, montrent qu’en 2016, sur les 6700 trains de voyageurs (hors Transilien) initialement programmés quotidiennement, 230 ont été déprogrammés (supprimés la veille avant 16h) et près de 120 ont été annulés à la "dernière minute" (supprimés la veille après 16h).


A noter cependant, qu'une partie de ces déprogrammations sont survenues en période de grèves, et donc concentrées sur le 2e trimestre 2016. Ces périodes de grève n’ont en revanche pas eu d’incidence particulière sur le taux des annulations "de dernière minute" : celles-ci sont liées à des aléas opérationnels et il y en a toute l’année. Les annulations sont plus élevées pour les TER (près de 2 %) que pour les autres services ferroviaires (0,6 %). Au total, ce sont donc plus de 11 millions de minutes qui ont été perdues en 2015 par les trains de voyageurs, soit en moyenne 2,7 minutes par train sur un parcours de 100 km. Et d’après l’Arafer, dans la moitié des cas de retard, les raisons étaient "maîtrisables" par SNCF Réseau ou par l’entreprise ferroviaire : soit "défaillance d’infrastructure", "gestion des chantiers, travaux", "gestion des circulations", ou encore "défaillance de matériel roulant", "conduite des trains", "préparation des trains" ou "non-respect de la marche tracée"...


Au total, le taux de suppression de trains de voyageurs (hors Transilien) s’élève à 5 % en 2016, soit près de 350 trains par jour. En moyenne, 11 % des trains de voyageurs (hors Transilien) sont arrivés avec un retard d’au moins 6 minutes3 à leur terminus, et le taux de retard s’accentue en période de pointe.


>> Pour consulter le rapport complet de l'Arafer, c'est par ici

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