Leonarda Dibrani : "Nous ne sommes pas Kosovars !"

Leonarda Dibrani : "Nous ne sommes pas Kosovars !"

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JUSTICE - Le tribunal administratif de Besançon va se prononcer mardi sur la requête de la famille Dibrani, expulsée vers le Kosovo en octobre, en vue d'obtenir un titre de séjour en France. Metronews a contacté Leonarda qui vit, contrainte et forcée, à Mitrovica. Dans cette "ville étrangère", elle se dit "abandonnée" de tous.

"Si c'est négatif, je vous jure, je me pends !" La menace peut surprendre dans la bouche d'une adolescente de 15 ans. Mais à la veille d'une décision de justice cruciale pour sa famille , Leonarda Dibrani fulmine. "C'est un cauchemar ici. Nous voulons rentrer en France", nous explique-t-elle au téléphone depuis Mitrovica.

Mardi, le tribunal administratif de Besançon doit se prononcer sur la demande de ses parents visant à faire annuler le refus de titre de séjour. "Mon père a vécu au Kosovo quand il était petit, mais nous sommes italiens. Nous ne sommes pas kosovars!", s'agace la jeune Rom. Une ligne de défense également plaidée par leur avocate : six des enfants Dibrani sont nés en Italie, un en France. Aucun dans le pays où ils ont été renvoyés le 9 octobre dernier. Le père de Leonarda avait menti à l'administration sur leur nationalité afin d'obtenir l'asile en France. En vain.

"Un pays inconnu pour nous"

L'ensemble des demandes de la famille Dibrani pour obtenir régularisation a jusqu'à présent été refusé. Celle-ci ne devrait pas faire exception, le rapporteur public s'étant prononcé pour le rejet de cette requête lors de la première audience. Si Leonarda dit ne pas "en vouloir à François Hollande même s'il s'est trompé en (lui) demandant de rentrer seule", elle dit aussi ne pas comprendre cette "France qui l'a abandonnée dans un pays inconnu".

Dans son logement de Mitrovica, où elle tourne en rond, Leonarda assure "manquer de tout". "Nous n'avons plus d'électricité depuis samedi, plus rien à manger...", énumère-t-elle avant de demander un "petit service" à son interlocuteur : "Pouvez-vous m'appeler demain pour me donner la décision du tribunal, je n'ai plus de crédit sur mon portable".
 

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