Leonarda : le retour de la polémique

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POKER MENTEUR - Leonarda et sa famille tenteraient de revenir en France grâce à un changement de nom et de nationalité. Le gouvernement a immédiatement écarté tout retour hypothétique. Mais le droit européen n'est pas si catégorique.

"Tu croyais qu'on allait rester ici ? Tu rêves !" Leonarda, la lycéenne expulsée qui avait interpellé François Hollande à la fin de l'année dernière, n'a pas perdu de son franc-parler. Jointe par metronews au Kosovo, l'adolescente nous confirme les informations publiées mercredi par Valeurs Actuelles  : avec sa famille, elle prépare son retour dans "le pays qu'elle aime", la France. Son père Reshat Dibrani aurait entrepris des démarches pour changer de nom et de nationalité.

Mais dans le détail, la famille Dibrani reste vague sur lesdites démarches qui, selon la note du service de sécurité intérieure de l'ambassade de France au Kosovo dévoilée par l'hebdomadaire de droite, datent de février. A quatre jours des Européennes, le gouvernement français se serait bien passé d' une affaire Leonarda 2. Manuel Valls a mis les points sur les i mercredi soir "Elle ne viendra pas". Un peu plus tôt dans la journée, Laurent Fabius avait été tout aussi ferme : "Cette dame et sa famille n'auront pas leur place en France, point à la ligne. On ne peut pas faire des fraudes à la nationalité. A partir du moment où il y a une tentative de fraude, ce sera non".

Ce que dit le droit européen

Mais s'agit-il réellement d'une fraude ? Reshat Dibrani changerait son identité en Reshat Tahiri, du nom d'un des membres de la fratrie installé en Croatie. "Au Kosovo, la législation permet de changer de nom une fois tous les cinq ans", précise en bas de page la note publiée par Valeurs Actuelles. Si la famille Dibrani devenait Croate, "l'Etat français n'aurait pas la possibilité légale de lui interdire l'entrée sur le territoire français, nous explique Marie-Laure Basilien-Gainche, spécialiste du droit européen. Lorsque vous êtes ressortissant d'un Etat membre de l'UE, qu'il fasse partie de l'espace Schengen ou non, vous bénéficiez en tant que citoyen de la libre circulation des personnes". La chercheure note toutefois que "les Etats ne respectent pas toujours, loin de là, le droit européen".

Du côté du quai d'Orsay, on s'en tient à la ligne définie par Laurent Fabius. "Le ministre a clairement dit qu'il s'agirait d'une fraude si jamais elle obtenait une autorisation quelconque", nous indique un porte-parole. Et si jamais ses papiers étaient en règle ? "On verra". Quoi qu'il en soit un hypothétique retour de la famille Leonarda serait temporaire. Comme le précise Marie-Laure Basilien-Gainche, "elle aurait le droit de rentrer en France pour une période de 90 jours. Au-delà, il lui faudrait apporter des garanties telles que des ressources financières suffisantes et une assurance complète pour tous les membres de la famille présents." Ce qui, pour l'heure, n'est pas le cas de la famille Dibrani.
 

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