Les 15-25 ans veulent réenchanter le monde

SOCIÉTÉ

Génération Z - Des optimistes très connectés.

"Le talent, c’est l’audace que les autres n’ont pas", "Impossible n’est rien", "Faire. Croire". Derrière ces slogans publicitaires à destination des jeunes, un optimisme à toute épreuve, l’idée que tout est possible s’ils le veulent. Un concept-phare de la génération Z, née au milieu des années 1990, et des Milleniums, débarqués avec le millénaire, à en croire les sociologues.
"Les 15-25 ans sont persuadés qu’il leur suffit de prendre en main leur destin pour le changer", explique Marie Bertrand-Excousseau, sociologue au sein du cabinet de conseils Sémis. Selon l’enquête réalisée l’an passé pour le documentaire "Génération Quoi ?" diffusé sur France 2, ils seraient plus de 80 % à penser que leur vie sera aussi bonne voire meilleure que celle de leurs  parents.

Entraide et transparence

Parmi leurs valeurs-clés : l’entraide, l’empathie, la famille, le groupe d’amis mais aussi la simplicité, la transparence et l’authenticité. "En cela, les 15-25 ressemblent beaucoup à leurs grands-parents. L’apport des nouvelles technologies en plus, estime Marie Bertrand-Excousseau. Rivés sur leurs mobiles mais moins narcissiques que la génération Y, ils ne sont pas idéologues et défendent ces valeurs dans le monde réel, comme ils l’ont montré avec la parité lors de la Journée de la jupe à Nantes. Biberonnés aux récits post-apocalyptiques, comme Hunger Games depuis leur enfance, ils souhaitent désormais réenchanter le monde".  Première génération à utiliser à fond les nouveaux médias "ils incarneront nécessairement un nouveau monde, comme la génération JFK dans les années 1960 et son idée de nouvelle frontière."

Décalage avec les parents

Un optimisme qui gagne leur conception du monde du travail, contrairement à leurs aînés de la génération Y, moins confiants en l’avenir. "On a tendance à se dire qu’une chose devient facile si on dit qu’elle l’est, que si on ne trouve pas d’emploi, il suffit de le créer. J’ai l’impression qu’on est une génération qui se prend moins la tête que les trentenaires", confirme Mathilde, 19 ans, étudiante en histoire de l’art à Paris. Pour les jeunes de son âge, le travail n’a pas une connotation négative et n’est pas lié à l’effort mais permet un certain épanouissement. Cependant, les adolescents d’aujourd’hui n’ignorent rien des difficultés qui les attendent à leur entrée sur le marché de l’emploi. "Les jeunes savent très bien que les diplômes restent essentiels dans notre société, explique Yaëlle Amsellem Mainguy, chercheuse à l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep).
D’où un décalage entre des parents qui survalorisent les études et de jeunes adultes qui se battent pour valoriser auprès d’employeurs des compétences acquises en dehors de l’école, comme l’organisation d’événements par exemple."

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