Les agressions de médecins risquent de créer des "zones de non-soin"

FAITS DIVERS - Un médecin a été agressé vendredi soir dans un quartier difficile de Vitry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne. Alors que les chiffres des violences subies par les professionnels de santé sont repartis à la hausse depuis 2013, ceux-ci alertent les autorités sur le risque que des "zones de non-soin" puissent se créer.

La consultation a viré à l'agression. Vendredi soir, un médecin de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) a été roué de coups alors qu'il se rendait au chevet d'une patiente. "C'est ma quatrième agression en deux ans", précise la victime au Parisien .

"Ce docteur était le seul qui acceptait encore de se rendre dans ce quartier de Vitry, déplore pour metronews Bernard le Douarin, président du conseil de l'ordre du Val-de-Marne. Ce sont toujours les mêmes quartiers qui posent problème : il faut trouver une solution avant que ceux-ci ne deviennent des déserts médicaux. Si le médecin n'est plus là, la pharmacie déménage, l'infirmière s'en va."

EN SAVOIR + >> Un médecin de nuit agressé à Vitry-sur-Seine

En un mois, pas moins de trois médecins ont déclaré avoir été agressés en Ile-de-France. Au niveau national, les violences contre les personnels de santé ont à nouveau augmenté, après plusieurs années de baisse. Ainsi, 925 d'entre eux ont déclaré en avoir été victimes l'année dernière. Le chiffre le plus élevé depuis la création d'un Observatoire du phénomène, en 2003. Même si les agressions commises "en banlieue" représentent seulement 1% des faits déclarés. 

Bippers géolocalisables

"On ne veut pas abandonner certains quartiers sous prétexte qu'ils sont dangereux, indique le docteur Siavellis, président de l'Union des médecins libéraux d'Ile-de-France. Mais notre sécurité doit être garantie". Après une grève express fin novembre , les médecins de Seine-Saint-Denis, l'un des départements les plus touchés par les violences, ont obtenu la création d'un groupe de travail à la préfecture pour se pencher sur ces problématiques. "Un médecin qui fait des consultations seul, la nuit, est vulnérable, analyse le docteur Siavellis. Il faut réfléchir à un moyen pour les accompagner". Pour Bernard le Douarin, "il pourrait s'agir de relais sur place qui seraient prévenus de leur passage".

Début 2015, en Seine-Saint-Denis comme dans le Val-de-Marne, plusieurs médecins vont déjà être équipés de "bippers". Ce dispositif, doté d'une balise géolocalisable, permet de déclencher un micro et d'appeler les secours. "Mais si une agression a lieu dans une cage d'escalier, c'est trop tard", regrette Bernard Le Douarin. De tous les départements franciliens, c'est aujourd'hui la Seine-Saint-Denis qui compte le moins de praticiens. En 2013, on y comptait 112 médecins généralistes pour 100.000 habitants , contre 207 à Paris.

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