Les Etats-Unis ont bien espionné l'Elysée en 2012

SOCIÉTÉ
CYBER-GUERRE - L'air de rien, un ancien directeur technique de la DGSE a affirmé le 2 juin dernier face à des étudiants que les Etats-Unis ont bien espionné la France... laquelle espionnait le Canada.

L'info a bien failli passer inaperçue. L'ors d'une conférence à l'école d'ingénieurs Centrale-Supélec, Bernard Barbier, ex-directeur technique de la DGSE (Direction générale de la Sécurité Extérieure), a confirmé le 2 juin dernier qu'en 2012, les Etats-Unis ont bel et bien piraté l'Elysée. Cette attaque informatique contre des ordinateurs de collaborateurs du président a été découverte entre les deux tours de l'élection présidentielle de 2012, mais jusqu'à présent, la responsabilité américaine n'était pas avérée.


Pendant cette conférence, dont la vidéo a été postée en quasi-intégralité sur Youtube et repérée par Le Monde, Bernard Barnier lance : "Le responsable de la sécurité informatique de l’Elysée nous a demandé de l’aide. On a vu qu’il y avait un malware [logiciel malveillant]. J’en suis venu à la conclusion que cela ne pouvait être que les Etats-Unis."

La France espionne aussi ses alliés

"J’ai reçu l’ordre du successeur de M. Sarkozy d’aller aux Etats-Unis les engueuler, poursuit Bernard Barnier. On était sûrs que c’était eux. A la fin de la réunion, Keith Alexander [directeur de la NSA], n’était pas content. Alors que nous étions dans le bus, il me dit qu’il était déçu car il pensait que jamais on ne les détecterait et il ajoute : 'vous êtes quand même bons'. Les grands alliés, on ne les espionnait pas. Le fait que les Américains cassent cette règle, ça a été un choc."


Pourtant, l'ex-directeur technique revient sur une autre affaire, concernant cette fois-ci l'espionnage de la France à l'encontre du Canada. En 2013, toujours selon Le Monde, Edward Snowden révélait que les services secrets canadiens suspectaient "avec un degré modéré de certitude" une opération d'espionnage français commencée en 2009. Bernard Barnier précise : "Les Canadiens ont fait du reverse [remonter la trace informatique] sur un malware qu’ils avaient détecté. Ils ont retrouvé le programmeur qui avait surnommé son malware “Babar” et avait signé “Titi”. Ils en ont conclu qu’il était français. Et effectivement, c’était un Français."

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