Les assos se mobilisent pour qu'on ne les oublie pas : les SDF touchés de plein fouet par la canicule

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UNE ÉPREUVE DE PLUS - L’épisode de canicule qui frappe le pays touche particulièrement les personnes les plus vulnérables. Et parmi eux les sans-abris. Les associations se mobilisent et livrent des conseils pour leur venir en aide.

Leur nombre a explosé ces dix dernières années. Selon la fondation Abbé Pierre, on dénombre 143.000 sans-abris en France en 2017, deux fois plus qu’en 2007. Ce chiffre cache de grandes disparités quant à leur situation, jeunes isolés, famille, actifs n’ayant pas les moyens d’accéder à un logement, il n'existe pas de profil type. Mais tous sont particulièrement vulnérables. "Les causes de décès sont les mêmes que pour le reste de la population", assure à LCI Cécile Rocca, coordinatrice du collectif Les morts de la rue. "Mais elles sont comme ‘accélérées’ du fait de leurs conditions de vie précaire."

En règle générale, l'opinion publique se mobilise pour venir en aide à cette population pendant les périodes de grand froid. La politique dite du thermomètre pousse l'Etat à ouvrir des hébergements d'urgence l'hiver, les collectes de vêtements et de nourriture se multiplient. Mais contrairement aux idées reçues, ce n’est pas le froid qui constitue le principal danger pour les personnes sans-abri. "Les pics de mortalité ne sont pas liés à la saison", explique Cécile Rocca, "la vie des SDF est difficile toute l'année". Les risques réels : la fatigue et le manque de soins. Dans la rue, on souffre donc autant en hiver qu'en été et "comme tout le monde", ils souffrent ces jours-ci de la canicule, de déshydratation ou même d'hyperthermie.

De nombreuses associations se mobilisent pour leur venir en aide. L'une d'elle, Entourage, a même créé un fascicule pour prodiguer des conseils pratiques : "canicule : comment aider les personnes SDF?" Pour l'éditer, l'association s'est appuyée sur son "comité de la rue" constitué de sept sans-abris et ex-sans-abris. "Le plus important, c'est de leur donner des bouteilles d'eau et de quoi se protéger", détaille auprès de LCI Claire Duizabo, responsable de la communication. Pour trouver des casquettes et des lunettes de soleil à distribuer aux plus démunis, une collecte a ainsi été organisée dans une entreprise de Neuilly. Des gourdes sont également à disposition dans les Espaces Solidarité et Insertion (ESI) et des salles rafraîchies ont été ouvertes dans les centres d'action sociale et les mairies. 

Mais au-delà de l'aide matérielle, c'est aussi d'une présence bienveillante dont ils ont besoin : "prendre de leurs nouvelles pour savoir s'ils vont bien", glisse Claire Duizabo. 


Car l'été, de nombreuses associations de solidarité ferment leur porte. Un organisme tente de pallier à ce manque : Août Secours Alimentaire. Cet été, elle devrait distribuer près de 700 000 repas. 

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