Pour sa "guerre au plastique", le gouvernement annonce un bonus-malus pour inciter à acheter recyclé

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PLAN D'ACTION - D'ici 2025, le gouvernement souhaite recycler 100% de nos déchets plastiques. Un objectif très ambitieux auquel travaille la secrétaire d’Etat à la Transition écologique et solidaire Brune Poirson, qui a détaillé ce dimanche quelques mesures dans le Journal du Dimanche.

Chaque année, huit millions de tonnes de détritus sont déversés dans les océans… dont une grande quantité de matière plastique. Un désastre écologique qui ne fait qu’alimenter le septième continent, grossissant de part et d’autre de la planète. Un problème dont le gouvernement annonce s'être saisi à bras le corps, fait valoir la secrétaire d’Etat à  la Transition écologique et solidaire Brune Poirson dans le Journal du Dimanche. Elle détaille plusieurs mesures pour arriver à l'objectif fixé pour 2025 : recycler 100% des déchets plastiques au lieu des 20% actuels.

Un meilleur recyclage passe d'abord par un meilleur tri

"A Paris ou à Marseille, moins d’une bouteille sur dix est recyclée", déplore la secrétaire d’Etat dans les colonnes du JDD. Pour améliorer ces tristes statistiques, elle explique vouloir d’abord travailler sur le tri, trop insuffisant. Cela passerait entre autres par l’uniformisation de la couleur des poubelles sur tout le territoire, ou encore par la mise en place d'ici à 2020 d’un logo qui indique si le produit est fabriqué avec un plastique recyclé ou s’il est recyclable. Brune Poirson dit également vouloir régler une "absurdité" : celle de la taxation des communes sur le recyclage. Celles-ci paient en effet plus cher pour recycler les déchets de leurs citoyens que pour les enfouir.  La solution serait donc selon elle d'"augmenter la TGAP [taxe générale sur les activités polluantes, ndlr.] sur l'enfouissement et baisser la TVA sur le recyclage".

Un bonus malus incitatif

Ensuite, parce que la mobilisation de tout un chacun est essentielle dans la réalisation des objectifs de recyclage, le gouvernement voudrait mettre en place dès l’année prochaine un système de bonus-malus allant jusqu'à 10% du prix du produit. Ainsi, une bouteille fabriquée à partir de plastique recyclé sera moins chère pour le consommateur qu’une bouteille en plastique non recyclé. "Une bouteille en plastique recyclée émet 70% de CO2 en moins que celle en plastique vierge !" s’enthousiasme la politique dans le JDD. Enfin, les plastiques à usage uniques tels que les pailles et vaisselle jetables ne seront plus proposés à la vente d'ici au 1er janvier 2020.

Inciter des industriels et les consommateurs a faire des choix

L’ancienne députée LREM compte également agir à la source en s'appuyant, du moins dans un premier temps, sur la bonne volonté des industriels en n'imposant pas tout de suite de normes ou de contraintes qui auraient "provoqué une levée de boucliers et bloqué les discutions". "Là, 55 fédérations industrielles ou entreprises du secteur se sont engagés à doubler la quantité de plastique recyclé intégrée dans leurs produits. D’autres suivront. Si le compte n’y est pas, alors on passera au règlement. […] Et il y a urgence : la Chine a fermé ses frontières à certains déchets plastiques qu’on lui envoyait. Il faut en faire une opportunité", affirme-t-elle dans le JDD.

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