Les cent premiers jours de la retraite : cette période où la vie bascule

Les cent premiers jours de la retraite : cette période où la vie bascule

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SONDAGE – Une étude, que metronews publie en exclusivité, s'est intéressée à la façon dont les retraités perçoivent les cent premiers jours de leur retraite. Un néo-retraité sur deux a par exemple peur de ne plus occuper une place aussi centrale dans la société.

Se retrouver du jour au lendemain sans réveil, sans collègue... et parfois sans projet. Les premiers jours de la retraite sont souvent vertigineux pour les seniors. Un changement de vie sur lequel s'est penchée une étude, réalisée par Opinion Way pour Axa France ( pour voir l'étude, c'est par ici ), et que metronews publie en exclusivité. "Les cent premiers jours, c'est une période stratégique, analyse le sociologue Ronan Chastellier, chercheur pour la marque. C'est comme pour un nouveau Premier ministre : au bout de cent jours, on fait le bilan."

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Pour un retraité sur deux (51%), le basculement ne se fait pas sans angoisse : car quitter la sphère du travail, c'est aussi pour lui occuper une place moins importante dans la société. "En France, on existe beaucoup par le travail, explique Ronan Chastellier. C'est normal qu'on se pose la question de son existence sociale au moment de la retraite."

Mais si, pour 31% des personnes interrogées, la retraite peut être un moment "inquiétant", 37% voient au contraire dans cette nouvelle tranche de vie une "libération". "Je fais partie de ceux-là, confie Michel, 61 ans, interrogé par metronews. Mon départ a été un peu précipité, mais depuis, j'ai pris goût à l'absence de contraintes." Cet ingénieur informatique a été poussé vers la sortie de son entreprise. "C'était soit le chômage, soit la retraite. Ça a été brutal les premiers jours, indique-t-il. Mais depuis, je le vis bien."

"Les délices de l'oisiveté"

90% des néo-retraités entendent mettre à profit le début de leur retrait pour "s'occuper de soi" : 37% veulent se remettre au sport ou 35% envisagent même un tour du monde. Mais 62% comptent également "s'occuper des autres". Un raisonnement totalement suivi par Sophie. À 57 ans, cette ancienne prof d'éducation musicale a dû partir en retraite anticipée à 54 ans. "C'est au mois de septembre, au moment de la rentrée que j'ai vu le changement de rythme", indique-t-elle. Mais loin de se miner, elle a au contraire mis à profit cette période pour donner aux autres. "Je prends du temps avec mon mari, j'ai été rendre visite à mes enfants, je me suis rendue au chevet de ma sœur malade. J'ai donné sans compter", raconte-elle. 

"L'afflux de temps, l'absence d'agenda peut faire peur, analyse Ronan Chastellier. Mais une fois qu'on a réhabilité sa confiance en soi, le désir d'engagement vient compenser la marginalisation sociale." Sans oublier, aussi, de se faire plaisir. "On apprend les délices de l'oisiveté, rit Sophie. Rester sous la couette avec un bouquin, faire des marches, tout décider au dernier moment..." Elle est aussi membre d'une association et fait de la gym deux fois par semaine. "On ne voit pas le temps passer ! renchérit Michel. C'est dire, le temps passe même plus vite qu'au temps où on avait un travail !"

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