Les chauffeurs de VTC entrent en guerre contre Taxify, un concurrent d’Uber accusé de casser les prix

SOCIÉTÉ

LA LOI DU MOINS CHER - La société Taxify s'est lancée la semaine dernière à Paris avec l'ambition de concurrencer Uber, le leader du secteur. Pour manifester leur colère, une dizaine de chauffeurs de VTC ont perturbé ce lundi le bureau de recrutement que tenait Taxify.

Il y a eu les taxis contre les VTC. Il y a maintenant les VTC contre Taxify. Avec les mêmes revendications : la casse des prix du marché -Taxify est en effet surnommé le "Uber chinois".  En colère contre son déploiement à Paris, les chauffeurs de VTC ont donc bloqué lundi en début d'après-midi le bureau de recrutement que venait d’ouvrir Taxify dans la capitale. Ils qualifient notamment d""agressive" l'arrivée de la nouvelle plateforme de réservation sur le marché des voitures de transport avec chauffeur.

D'après le syndicat FO-Capa VT, à l'origine de cette action, "quelques dizaines de chauffeurs ont bloqué la station de recrutement de Taxify", peu après son ouverture à 13 h. L'accès aux locaux, situés rue Saint-Maur (11e arrondissement), a ensuite été fermé sur décision du propriétaire de l'immeuble. Néanmoins, des chauffeurs ont décidé de rester devant l'immeuble "pour vérifier qu'ils ne rouvrent pas".

Lire aussi

Une offre de lancement à prix cassés

"Ils (Taxify) sont arrivés de manière agressive, honteuse. On leur dit qu'on est là, qu'il y a des partenaires sociaux, des syndicats en face. On n'est pas d'accord pour qu'ils cassent les prix du marché, qui sont déjà déplorables", souligne le syndicat pour expliquer les motivations de ses chauffeurs. Ces derniers contestent, entre autres, une "offre de lancement" proposant une baisse de 50% des tarifs pour les passagers en octobre -le manque à gagner pour les chauffeurs de Taxify est ensuite compensé par la compagnie. 

En vidéo

Pourquoi les taxis en veulent-ils aux VTC ?

La paupérisation des chauffeurs pointée du doigt

Taxify s'est lancée la semaine dernière à Paris avec l'ambition de concurrencer Uber, le leader du secteur. Présente dans 19 pays, en Europe centrale et orientale mais aussi en Afrique, la plateforme assure que ses tarifs seront inférieurs de 10% à ceux d'Uber. Elle promet aussi de ne prendre que 15% de commission sur la course contre 25% pour Uber. Elle est soutenue par le géant chinois du VTC et du taxi Didi Chuxing, qui avait déjà racheté l'an dernier les opérations d'Uber en Chine.

Depuis les premières mobilisations de chauffeurs de VTC il y a deux ans contre la politique tarifaire d'Uber, plusieurs associations et syndicats de chauffeurs interpellent régulièrement les plateformes sur les conditions de travail des chauffeurs et leur "paupérisation". Elles avaient obtenu du précédent gouvernement le lancement de travaux pour la mise en place d'un tarif minimum applicable au secteur des VTC.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter