Les deux photographes stars, Mario Testino et Bruce Weber accusés de harcèlement et agression sexuelle

Les deux photographes stars, Mario Testino et Bruce Weber accusés de harcèlement et agression sexuelle

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SCANDALE - En tout, vingt-huit personnes accusent Bruce Weber et Mario Testino, deux des photographes les plus puissants du monde de la mode, de harcèlement sexuel, dans les colonnes du "New York Times". Un séisme dans le monde de la mode.

Après Terry Richardson, Bruce Weber et Mario Testino - deux des plus puissants photographes de mode - sont pris, eux aussi,  dans la tourmente. Dans le New York Times, Mario Testino est accusé par treize personnes de harcèlement sexuel.  Quant à Bruce Weber, pas moins de quinze mannequins masculins l'accusent de fait similaire. Il s'agit là d'un nouvel épisode dans le tsunami de déclarations et d'accusations visant les professionnels de la mode, du cinéma, du journalisme et plus largement du divertissement dans la lignée de l'affaire Weinstein. 

L'affaire Testino

Plusieurs mannequins, dont des stars du milieu, ainsi que d'anciens assistants de Mario Testino accusent le photographe péruvien âgé de 63 ans, de leur avoir fait des avances, voire d'avoir franchement tenté d'initier un rapport sexuel, mais aucun dit n'avoir cédé. "C'était un prédateur sexuel", affirme notamment Ryan Locke, mannequin star de la fin des années 90. 

Le harcèlement sexuel était une réalité constanteRoman Barrett

Dans le New York Times, il raconte notamment que lors d'une séance photo, le célèbre photographe aurait demandé à toute  son équipe de sortir de la pièce pour se retrouver seul avec lui et se serait alors jeté sur lui. "Je suis la fille, tu es le garçon", aurait dit le photographe au mannequin, qui explique l'avoir écarté avant de quitter les lieux. 


Une histoire similaire à celle racontée par Hugo Tillman, un ancien assistant du photographe. Lui raconte qu'après un dîner, Testino l'aurait attrapé dans la rue pour tenter de l'embrasser et qu'une autre fois, tous deux se sont retrouvés dans la chambre d'hôtel de Testino où ce dernier aurait exigé que son assistant lui roule un joint. "Il l'a ensuite jeté sur le lit, tenté de grimpé sur lui, en bloquant ses bras. C'est alors que le frère de Testino est entré dans la pièce et a fait partir Hugo Tillman", peut-on lire dans le New York Times. Un autre ancien assistant, Roman Barrett, assure que Mario Testino s'est frotté sur sa jambe et s'est masturbé devant lui. "Le harcèlement sexuel était une réalité constante", résume-t-il.


Un autre modèle masculin, Jason Fedele raconte lui : "Si vous vouliez travailler avec Testino, vous deviez faire une séance photo de nu au Chateau Marmont", dit-il. "Tout le monde savait et c'était quelque chose qui pouvait faire exploser votre carrière", dit-il. Thomas Hargreave, producteur photo a témoigné lui aussi, indiquant qu'à plusieurs reprises entre 2008 et 2016, il a vu Testino toucher le sexe de nombreuses personnes. "Pour lui, c'était une blague mais ce n'était pas drôle. Les mecs ne savaient pas comment réagir, ils me regardaient se demandait 'mais qu'est-ce-qu'il se passe? Comment dois-je réagir?', C'était terrible", dit-il. "Je raconte cela maintenant car il faut que cela cesse", demande-t-il. 

Par l'intermédiaire de ses avocats, Testino nie et ne commente pas

Les avocats de Mario Testino ont fermement nié que leur client a pu faire de telles choses. "Le frère de Mario Testino est catégorique sur le fait qu'aucun incident de ce genre n'ait jamais eu lieu", affirment-ils. La semaine suivant cette agression présumée, Tillman a démissionné et désormais, il travaille en tant que photographe d'art et a exposé notamment à la National Portrait Gallery de Londres et à la Biennale de Shangai. Dans une lettre adressée au NYT, ses avocats indiquent que les témoignages reccueillis dans le journal ne sont "pas des sources fiables". 


Ils mettent en doute la santé mentale de Hugo Tillman de sorte que selon eux, il était "imprudent de prendre son témoignage au sérieux". Pour le cas de Jason Fedele, les avocats se sont appuyés sur le travail de Herb Ritts, un autre très grand nom de la mode qui a photographié Fedele, également nu pour tenter de discréditer son témoignage. Une photo postée sur Instagram par le modèle lui-même. Enfin, selon eux, Roman Barrett et Thomas Hargreave sont d'anciens employés mécontents. Sollicité par l'AFP, Mario Testino n'a pas donné suite.

L'affaire Weber

Autre photographe accusé, Bruce Weber. Quinze mannequins masculins, encore en activité ou retraités, accusent un autre photographe, Bruce Weber, de harcèlement sexuel. Des mannequins qui ont travaillé avec Weber sur différentes campagnes racontent comment il avait instauré un système où durant les séances photos, il y avait des scènes de nus pas forcément nécessaires et où le comportement sexuel était coercitif. Ils se rappelent tous que lors des sessions photos privées, Weber leur demandait de se dénuder et de faire des exercices de respiration. 


Les modèles était priés de respirer et de se toucher entre eux : Weber bougeait leurs mains en fonction de là, où il sentait de l'énergie. "Souvent, Weber guidait ses mains sur ses parties intimes", racontent-ils. "Je me souviens qu'il lui a mis les doigts dans la bouche, et qu'il a saisi mon sexe", a déclaré le mannequin Robyn Sinclair. "Nous n'avons jamais eu de rapports sexuels ou quoi que ce soit, mais beaucoup de choses se sont passées. Beaucoup de moment comme cela et beaucoup de harcèlement", dit-il. 

Il va être 'Brucifié'Une expression du milieu des mannequins hommes

Un modèle suédois, Rudi Dollmayer reconnait même qu'il y avait une expression pour cela : "Il va être Brucifié". Un autre raconte qu'avant qu'il ne travaille avec Bruce Weber, on l'a prévenu : "La première chose qu'on m'a dit à son sujet, c'est qu'il mettait les gens dans des situations extrêmement difficiles". Dans un communiqué adressé au journal par ses avocats, il se dit "extrêmement choqué et attristé par ces accusations contre [lui]. Je nie absolument tout", dit-il. 


Début décembre, Bruce Weber avait déjà été assigné en justice pour agression sexuelle par le mannequin Jason Boyce. Selon la plainte déposée vendredi 1er décembre devant la Cour suprême de l'Etat de New York, Bruce Weber, 71 ans, qui a travaillé pour Vogue et aidé à forger l'image de marques comme Calvin Klein, Ralph Lauren et Abercrombie & Fitch, aurait abusé de ce mannequin, Jason Boyce, en décembre 2014, lors d'une séance photo dans son studio à Manhattan. Bruce Weber aurait demandé à Jason Boyce, alors âgé de 28 ans, de se dévêtir avant de procéder à des attouchements et d'obliger le jeune homme à l'embrasser. 


"Avec juste de la confiance, tu pourrais vraiment aller loin (...) Jusqu'où veux-tu aller? Quelles sont tes ambitions?" lui aurait murmuré le photographe, selon la plainte déposée par l'avocate californienne Lisa Bloom. La plainte affirme que M. Weber "a eu un comportement similaire avec d'autres mannequins masculins" qui lui auraient été envoyés par l'agence, Soul Artist. Lisa Bloom a indiqué à l'AFP avoir reçu depuis vendredi "d'autres appels avec des plaintes similaires", sans plus de précision.

Vogue, Vanity Fair, GQ... cessent leur collaboration avec les deux photographes

Si ces deux grands noms de la mode nient avoir fait quoique ce soit, du coté de Condé Nast, le directeur général du groupe de presse (Vogue, Vanity Fair et GQ notamment), Bob Sauerberg, et la directrice artistique du groupe, Anna Wintour, se sont dits "interpellés par ces accusations", qu'ils prennent "très au sérieux". Ils ont annoncé la décision de ne plus collaborer avec aucun des deux photographes "jusqu'à nouvel ordre".

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